Jules Renard

"CHACUNE DE NOS LECTURES LAISSE UNE GRAINE QUI GERME" - Jules Renard

Spéciale Usborne...


mercredi 1 octobre 2014

RESET - Tome 2 - Reboot

Amy Tintera

Le masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Laurence Kiefé
Paru en Septembre 2014
309 pages
17 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Science-fiction, Anticipation, Société

Quatrième de couverture : Il y a cinq ans, Wren Connolly est morte. Elle avait douze ans. 178 minutes plus tard - un record -, elle est revenue parmi les vivants. Désormais Reboot, elle pense avoir laissé derrière elle tout ce qu'elle avait encore d'humain. Soumise à un entraînement brutal, Wren 178 est transformée en soldat idéal pour la SHER (Société Humaine d'Evolution et de Repopulation). Mais le jour où Callum 22 fait son apparition, tout bascule. Décidés à démarrer une nouvelle vie loin de la SHER, Callum et Wren se réfugient dans une réserve de Reboots. Mais Micah 163, le Reboot qui dirige cette réserve d'une main de fer, ne pense qu'à se venger des humains, se préparant depuis des années à les éliminer. Tous, sans exception. Pris en étau entre la folie de Micah et la dictature de la SHER, Wren et Callum pourront-ils jamais retrouver leur liberté ?

Une armée de Reboots prête à anéantir les humains? La série Reboot offre son dernier volet avec le tome 2 Reset (Rebel en VO). Une dualité se met petit à petit en place entre nos deux héros principaux. Pris en étau contre la folie de Micah et la dictature du SHER, Callum veut absolument protéger les humains alors que Wren souhaite simplement retrouver sa liberté et fuir tout ça.

Je n'ai pas tellement accroché à cet univers de combats et de science-fiction. L'écriture quoique efficace, fluide ne laisse aucun temps mort mais il y a trop d'action : une guerre s'engage, la violence est omniprésente dans les combats qu'on retrouve à chaque page. Alors que le tome 1 posait les bases, était plus lent et offrait quelques pistes de réflexions notamment sur la capacité des Reboots à ressentir des émotions, ce tome 2 est bourré de rebondissements et de suspense, ne laissant aucune place à la réflexion. Le personnage de Callum est très attachant, il reste un de mes personnages préférés car il a un vrai ressenti. Il est touchant et tient à la vie humaine. Il est passionné au détriment de Wren qui semble vouloir se tenir à l'écart de tout. Elle reste froide, manipulatrice, presque conditionnée par la SHER. Callum, lui, arrive à s'en détacher et incarne avec charisme, avec tendresse et humour les notions de révolte, de rébellion, de cet esprit de liberté.

Côté narration, l'alternance des points de vue est géniale car on en apprend plus sur la vision des humains, un regard porté par les Reboots. En effet, d'un côté on a la voix de Callum un 22 et de l'autre celle de Wren une 178 et leur position est différente selon leur hiérarchie dans la SHER. Wren ne se sent plus humaine depuis bien longtemps alors que Callum a gardé son humanité. Cette série n'est pas sans rappeler Les Variants et Les Fuyants pour ses thèmes. Un second tome en demi-teinte donc, un diptyque prenant et captivant malgré les quelques bémols que j'y ai trouvé. Le concept des Reboots passionne et est intéressant, les personnages restent attachants. Pour les amateurs du genre.

Le grand Antonio - Fourchon - Parce que la différence est une force!

Le grand Antonio
Elise Gravel
La Pastèque - Collection Pamplemousse
Paru en Août 2014
60 pages - 14 euros

 "A vingt ans, Antonio arrive au Canada par bateau. Il est immense et très, très fort. Il mesure un mètre quatre-vingt-treize et pèse deux-cent-vingt kilos. Le Grand Antonio aime montrer sa force ; il tire des autobus bondés de gens avec ses cheveux et combat des champions japonais. Ses cheveux sont des tresses épaisses et lorsqu'il met des tiges de métal à l'intérieur, elles deviennent des antennes qui lui permettent de communiquer avec les extraterrestres!"

Chers lecteurs! Ne faites pas comme moi! J'allais passer à côté de cet album car je n'étais pas attirée par la couverture. Pourtant, tout au long de ma lecture, j'ai été bluffé par le graphisme moderne et humoristique d'Elise Gravel et j'ai appris à faire connaissance avec le Grand Antonio. Il est fascinant cet album! Elise Gravel réussit à lui donner du charisme, du peps, de la vivacité grâce à son texte efficace et surtout grâce à ses dessins fantaisistes, joyeux et colorés. Le Grand Antonio a réellement existé. Il s'appelait Antonio Barichievich et était doué d'une force incroyable. Décédé en 2003 à Montréal, il a marqué le Québec, cet album lui rend hommage, entre humour et brin de mélancolie. Les enfants seront très curieux et impressionnés par les exploits de cet homme qui incarne la force mais aussi la différence physique. Représenté comme un super-héros, l'album saura plaire aux enfants comme aux grands qui se laisseront surprendre par les données biographiques, les moments plus tristes et attachants, les illustrations absolument hilarantes. Il en ressort un album incroyablement vivant, étonnant, original et ma foi assez inattendu! Finalement je l'adore!

Le site d'Elise Gravel : http://elisegravel.com/

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Fourchon
Kyo Maclear - Isabelle Arsenault
La Pastèque - Collection Pamplemousse
Paru en Novembre 2011
36 pages - 14 euros

"Sa maman est une cuillère. Son papa est une fourchette. Lui, il est un peu des deux. Voici Fourchon ! Il a beau tenter de passer pour une cuillère puis pour une fourchette, Fourchon n'est jamais choisi lorsque vient le temps de se mettre à table..."

Pauvre Fourchon! Personne ne veut de lui à table. Les cuillères le rejettent parce qu'il est trop pointu et les fourchettes n'en veulent pas car il est trop rond! C'est que Fourchon n'est pas un outil comme les autres! Né d'une maman cuillère et d'un papa fourchette, il est un peu des deux. Ses parents le trouvent parfaitement beau comme ça mais toujours est-il que Fourchon regarde de loin les repas et les bains moussants de ses compères. Un peu triste, un peu las...il se demande bien ce qu'il fait là. Jusqu'au jour où une chose absolument terrifiante jette tous les ustensiles de cuisine. Adieu cuillères, adieu fourchettes, cette chose malpropre balance tout. C'est que voyez-vous elle a besoin de quelque chose de spécial, un ustensile qui serait à la fois cuillère et fourchette, un peu des deux quoi!


J'ai trouvé l'idée excellente d'évoquer la différence et le métissage à travers les ustensiles de cuisine. Tout d'abord parce que ce sont des objets de la vie quotidienne, qu'on utilise fréquemment et parce que c'est très concret sur le plan visuel, facilement identifiable pour l'enfant. C'est le cas avec ce petit Fourchon, avec son air sympathique il va montrer que la différence est quelque chose de bien et peut servir à de petites mains potelées! Avec légèreté et humour, Fourchon nous emmène dans un univers assez surprenant et attachant. Les dessins sont sobres, aux courbes douces, aux traits fins, le tout coloré avec un gris plein de tendresse. Le texte est plutôt touchant, sur une tonalité juste et sensible et le côté vulnérable, fragile et solitaire de Fourchon émeut. Un album réussi.


Cet album a reçu le Prix Jeunesse des libraires du Québec 2012 
 dans la catégorie 0 à 4 ans.

Joseph Fipps ♥ ♥ ♥

Nadine Robert
Geneviève Godbout

La Pastèque
Collection Pamplemousse
Paru en Février 2013
60 pages
15,60 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Famille, Imaginaire, Enfance

 "Je regarde le plancher et je finis par dire :
 - Tu dis toujours non ! Je ne peux jamais rien faire. 
Tu es méchante et je veux une autre mère ! 

Maman a de gros yeux ronds. 

- Très bien, dit-elle. Je connais une maman qui voudra peut-être s'occuper de toi. 
C'est une maman morse et elle habite sur la banquise, au pôle Nord. 
Qu'est-ce que tu en dis? "

Coup de coeur pour cet album à la forte personnalité tout comme notre petit héros nommé Joseph Fipps, cinq ans. C'est un drôle de garnement ce jeune Joseph que toute la famille appelle "Grippon" parce qu'il fait plein de bêtises. Pour ne pas changer, cet album commence donc par une bêtise et Joseph file dans sa chambre. Mais sur la route, il pense à un griffon et rêve de voler dans un ciel bleu. Cela le conduit tout droit au jardin et à nous présenter sa maison et ses arbres. En parlant d'arbre, et si Joseph montait voir le nid d'oiseaux! Il part chercher l'échelle mais repéré par sa mère, il se fait gronder. Ouille ses oreilles, il en a marre de faire sermonner. Sa maman est trop méchante et il ne peut jamais rien faire! Sous la colère, Joseph crie qu'il voudrait une autre maman...et si on essayait pour voir ?

Oh qu'il est beau et touchant cet album! J'adore la frimousse boudeuse de Joseph, son caractère têtu, son esprit rêveur et vagabond distraie à la moindre chose. Il est trop trognon et craquant même quand il est en colère. Il ronchonne, il rouspète et hop...les paroles méchantes sont dites. Trop tard! Il va falloir se faire pardonner! Nadine Robert signe un texte fort et subtil sur la relation très affectueuse et parfois conflictuelle mère-fils. Les illustrations de Geneviève Godbout emplies de poésie enfantine, de traits délicats, ronds et de couleurs pastelles adoucies nous enchantent.

Sur le thème de la dispute et des colères enfantines, Joseph Fipps est un album qui apaise par son côté tendre et bienveillant, par l'imagination féconde d'un jeune héros qui aura tout le temps de méditer sur cette nouvelle maman morse. Volontiers encore impressionnable, il reviendra vite heureux, joyeux auprès de sa maman. La complicité retrouvée, l'incident oublié, mère et fils se promène dans la nature, réunis autour des pensées du jeune garçon. A noter la présentation soignée de cet album à la couverture cartonnée, au papier épais de bonne qualité qui participent au bonheur de savourer les poétiques illustrations de Geneviève Godbout.



Le blog de l'illustratrice : http://rose-a-petits-pois.blogspot.fr/
Le site de l'éditeur : http://www.lapasteque.com/

mardi 30 septembre 2014

La Nuit et Crayon de soleil - Deux nouveautés aux éditions Philomèle

La Nuit
Ingrid Seithumer - Parastou Haghi
Paru en Septembre 2014
36 pages - 13,50 euros

Chaque soir, Gabin a rendez-vous avec la nuit. Il aime la nuit et il l'a trouve magique car en un seul coup elle arrive à tout habiller de noir. Chaque soir, après dîner il attend la nuit devant la fenêtre, avec impatience et euphorie. Elle arrive avec parfois ses teintes grises ou rose. Elle peint la lune et les étoiles de jaune pour qu'ils brillent dans l'obscurité. Et ça, ça fascine Gabin qui admire le paysage avec ses yeux rêveurs. Puis la nuit est mystérieuse et interroge le petit garçon curieux : comment la nuit sait-elle qu'il faut arriver ? Est-ce que le jour et la nuit communique entre eux ? Comment la nuit sait-elle qu'il est l'heure de se retirer pour le lever du soleil ?

Par un texte sobre et accessible aux enfants, cet album dépeint la nuit comme source de réflexions. Elle a le pouvoir de changer le décor, de changer une ambiance en parant les objets de son obscurité. Gabin aimerait faire comme elle, mais c'est trop difficile et pas assez de temps pour tout peindre en jaune. Gabin est captivé par la nuit et le propos se veut rassurant. Loin des peurs enfantines sur le noir ou le monde sombre, la nuit est ici bienveillante, délicate, tour à tour magicienne ou bavarde. Côté dessins, ils sont enfantins, mignons et les couleurs utilisées notamment le violet, le bleu et le noir personnalisent à merveille cette nuit bienheureuse. D'ailleurs la très jolie fin de cet album, apportera une note d'optimisme et de joie, car Gabin sait qu'après la nuit, il y a le jour et ainsi de suite, dans un cycle qui recommence et qui permet, idée réconfortante de bien s'endormir. Une agréable manière de se dire "bonne nuit".


Crayon de soleil - Méli-mélo des mots
Isabelle Wlodarczyk -Hajnalka Cserhati
Paru en Août 2014
40 pages - 14 euros

J'ai un petit coup de coeur pour cet abécédaire pas comme les autres. En fait, lorsqu'on ouvre Crayon de soleil (la couverture est trop chouette!) on peut lire "un attrape-rêves" et "une boîte à souvenirs", les illustrations plutôt imaginaires font appel à notre esprit d'évasion. Et au début je n'avais pas vu les lettres A et B. On poursuit la lecture et là on découvre les lettres C et D comme "un dé à décrocher la lune"... tout prend sens. Avec un crayon de soleil, on peut dessiner, on peut inventer, on peut rêver, on peut écrire les lettres de l'alphabet et imaginer un univers plein de promesses, d'idées loufoques mais poétiques. Sorte d'inventaires de petits riens, de petits bonheurs ou de gros rêves, réels ou inventés, Crayon de soleil est un album étonnant où l'onirisme, la poésie d'un quotidien enchanté est joliment mis en avant par des dessins au style joyeux, esprit "dessin d'enfants". Le texte, loin d'être minimaliste, consiste en une seule phrase pleine de sens, d'interprétations. A partir des mots, on peut s'amuser et chercher les jeux de langage, de son, de tonalité. Il y a de belles couleurs vivantes, positives, des mélanges de tons, beaucoup de place est accordée à la petite enfance : arc-en-ciel, marelle, coeur, fleurs, bonbons. Un joli album à découvrir.



Tout savoir sur les sorties de la rentrée 2014 aux éditions Philomèle : http://www.editionsphilomele.fr

INSATIABLE - Tome 2 - Thoughtless

S.C. Stephens

Hugo & Cie
Collection Hugo Roman/ New Romance
Traduit de l'anglais par Typhaine Ducellier
Paru en Juillet 2014
554 pages
17 euros

Genre : New Adult/ Romance

Quatrième de couverture : Que se passe-t-il quand on passe de la liaison à la vie de couple ? S'aimer est simple, se faire confiance est plus difficile... La série phénomène de S. C. Stephens est de retour, avec son couple désormais mythique : Kiera et Kellan. Après s'être retrouvée en plein milieu d'un triangle amoureux, avec son lot de mensonges, de trahisons et de souffrances, Kiera est déterminée à ne plus faire souffrir personne, et tout particulièrement l'homme, talentueux, beau et si sensible, qui fait battre son coeur. Kellan et elle forment désormais un véritable couple mais leur vie ne sera pas pour autant un long fleuve tranquille. Car l'histoire se répète : en effet, alors qu'ils s'étaient rapprochés à l'occasion de l'absence de Denny, c'est maintenant au tour de Kellan de laisser seule la fragile Kiera. Son groupe a décroché une tournée et le très sexy chanteur des D-Bags doit s'absenter. Kiera devra tirer les enseignements de ses erreurs passées et prendre de l'assurance ; Kellan, lui, devra apprendre à se confier ; bref le jeune couple devra se faire confiance. Et pour une relation née dans la trahison, cela ne s'annonce pas facile ! Y parviendront-ils ? Un parcours vers l'âge adulte plein de sensibilité, de sensualité et d'humour. Après Indécise, Insatiable est le deuxième volet de la trilogie (Thoughtless).


J'avais trouvé le Tome 1 INDECISE carrément addictif, alors il ne fallait pas trop que j'attende pour lire la suite de cette série au fort potentiel tentateur et pour vous remémorer mon enthousiasme, je vous mets un passage de mon article sur le premier volet :
"C'est simple, il y a tout pour nous faire craquer et nous rendre addict : histoire d'amour sensuelle, disputes tragiques, émotions à fleur de peau, attirance exaltante,  pulsions érotiques alternant avec des moments plus profonds et sensibles, des déclarations romantiques ... tout ce qui fait un roman à la fois intense et fougueux. L'auteur a su nous faire rentrer dans l'histoire, de plein fouet, nous malmenant à coups de suspense, de tension et parfois même de stress. C'est une saga qui fait vibrer."

Bon je l'avoue, j'ai moins accroché à ce deuxième volet de la série mais cela ne vient pas de l'intrigue ni de l'écriture de C.S. Stephens. En fait, ce que je préfère dans une relation, c'est le début. Le piment, la séduction, les premiers effleurements, le désir qui monte progressivement et tout ceci était parfait dans Indécise. Dans Insatiable, j'ai trouvé le temps plus long car Kiera et Kellan sont passés de liaison interdite à une vraie relation de couple. Denny est parti en Australie. Il n'y a plus d'ombres au tableau idyllique d'un amour désormais éclatant et vif. Puis l'histoire se répète et j'avoue que cela m'a agacé. Kellan doit partir en tournée et va laisser Kiera seule pendant plusieurs mois. Rebelote, Kiera esseulée, déprimée, va évidemment se poser la question de la fidélité et pendant quelques chapitres on va tourner en rond sur ses doutes, ses peurs, ses bloquages. Leur couple va-t-il tenir face à la distance ? Kellan ne sera-t-il pas tenté par ses fans entreprenantes ? A l'heure où il faut faire preuve de maturité et de confiance, Kellan va devoir apprendre à se confier.

Pourtant j'ai accroché quand même car l'auteur ne répète pas les mêmes propos que dans le premier tome. Il est vrai que le jeu sexuel, charmeur et tant explosif m'a manqué un peu. C.S. Stephens sait si bien distiller le désir, les envies, les pulsions et l'érotisme dans le quotidien, que là pour le coup je suis restée sur ma faim. Les scènes de sexe sont moins acidulées que dans le premier tome. C'est trop sage, trop convenu. Soit, Insatiable laisse place aux intrigues secondaires notamment autour de la famille de Kiera, du père de Kellan, de son histoire familiale douloureuse et évènement inattendu, la soeur de Kiera prend une tout autre allure. Il me semble que Insatiable dévoile une intrigue plus mature, plus émouvante, pleine de sensibilité et d'humour attendrissant. C'est touchant. On apprend à apprécier les personnages secondaires (Anna, Griffin, Matt) qui révèlent leur lot de rebondissements! 

Même si j'ai trouvé ce second volet plus long, j'ai aimé car l'auteur a su éviter de reproduire les écueils du premier tome. Tout change, les personnages évoluent et il est impossible de savoir à l'avance ce qu'il va se passer tellement c'est inattendu. C'est toujours aussi prenant et captivant à lire avec le succès des D-Bags, les petites attentions tendres et romantiques de Kellan pour ne pas oublier Kiera, pour qu'elle se sente toujours aussi exceptionnelle et désirable à son coeur, le côté réaliste. Il y a ce quelque chose de différent et d'attachant dans cette histoire d'amour plutôt atypique et tumultueuse, notamment l'ambiance particulière d'une bande d'amis, d'une seconde famille, d'un couple qui s'apprend. J'ai hâte de me jeter sur le troisième tome! Ahhhhhhhhh

Quand un éléphant tombe amoureux - Rien de rien

Quand un éléphant tombe amoureux
PassePartout Editions
Davide Cali et Alice Lotti
Paru en Mai 2014
32 pages - 14 euros



Rien de rien
PassePartout Editions
Yael Frankel
Paru en Mai 2014
32 pages - 14 euros




 Le site de l'éditeur : http://www.passepartouteditions.com/









Il était une fois un éléphant amoureux mais très timide. Plein de bonne volonté, porté par son amour, il fait des efforts pour attirer la faveur de l'élue de son coeur. Il suit des règles de base. Il se met au régime, il se lave tous les jours, il se fait élégant, il rêve et écrit de longues lettres, des déclarations d'amour qu'il n'ose pas envoyer. Il cueille des fleurs et pose le bouquet sur le devant de sa porte. Quand un éléphant tombe amoureux, il est parfois aussi triste et mélancolique. Il se demande s'il existe pour sa belle. Puis un beau jour, l'amour frappe à sa porte!

Je découvre le graphisme délicat, tout en finesse d'Alice Lotti, illustratrice italienne qui utilise comme technique de base le monotype, procédé artistique proche de l'estampe. L'histoire classique met en scène un éléphant en proie aux sentiments amoureux. Avec justesse, le texte met en avant les espoirs et les peines de cet éléphant qui se prépare pour accueillir l'amour. Prendre soin de sa personne, rêvasser en regardant les nuages, faire attention à sa forme, être romantique et être plein d'attentions pour la personne qu'on aime...voilà ce que nous raconte, très sobrement cet album. Les illustrations sont minimalistes et très jolies. Des couleurs pastelles, très douces, mises en avant sur un fond blanc. Un joli titre.

                                   *                                        *                                              *

Il était une fois une pierre que personne ne regardait. La pierre ne possédait rien. Pas d'amis, pas de jouets, pas de parents. Toujours seule, au printemps comme en hiver, sans famille, sans joie, sans pleurs...la pierre reste là, sans bouger, attendant les heures, voyant les gens défiler. Elle indiffère. Et à cette pierre, il n'arrivait jamais rien. Forcément, puisque personne ne prêtait attention à elle. Puis il y a un garçon.  A lui aussi il n'arrive jamais rien. Il n'a pas d'amis, pas de jouets, il est seul. Rien de rien... jusqu'au jour où ce petit garçon trébuche sur une pierre. Pas n'importe quelle pierre. La pierre à qui il n'arrivait jamais rien...

Yael Frankel vit à Buenos Aires, en Argentine et est illustratrice. Son univers dans Rien de rien est plutôt triste, sombre, en harmonie avec le texte qui représente la monotonie, l'ennui, la solitude, la mélancolie. Les tons sont gris, avec des petites pointes de couleurs plutôt pâles qui emplit les détails : du bleu, du marron, du orange comme pour signifier ce semblant lumineux porteur d'espérance. Hormis la page sur laquelle dort un petit garçon, tout en orange vif. Elle représente l'espoir probable d'une rencontre qui changera les choses. La dernière page lie l'histoire de cette pierre et de cet enfant. La réunion des deux amène quelque chose qu'il faut découvrir : un jeu de marelle. Avec des mots simples mais choisis avec soin, Yael Frankel réussit à nous parler de différence, de solitude quand tout autour de nous évolue sans que l'on y participe. Un album réussi qui sait harmoniser couleurs et émotions du récit.


lundi 29 septembre 2014

La Princesse Tralala - Une histoire qui joue avec les voyelles

Magdalena
Gwen Keraval

Flammarion/ Père Castor
Paru en Août 2014
32 pages
10,50 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Voyelles, Humour, Princesse

            La Princesse Tralala n'est pas une princesse comme les autres. Tous les jours, du matin au soir, du soir au matin, elle s'entraîne à faire des vocalises : "a, e, i, o, u". Elle adore chanter. Mais pourquoi, me direz-vous? Princesse Tralala veut devenir chanteuse d'opéra. Dans la baignoire, sur le balcon, dans tout le château, au jardin, on entend la voix de Tralala. "Ra, re, ri, ro, ru"...un rat passe, "Cha, che, chi, cho, chu" le chat fuit, "La, le, li, lo, lu" le lapin sort de sa cachette. La princesse s'ennuie dans son château et rêve d'un beau prince charmant...jusqu'au jour, par un beau dimanche, où "Ba, be, bi, bo, bu"mais qui voilà donc...

 
Voilà un album sympathique qui va réveiller les mâchoires et faire chanter les voix grâce à cette princesse charmante, pétillante et rigolote. L'histoire est loufoque tout comme les illustrations vives, pleines de fantaisie et d'humour. On y apprend les voyelles et les jours de la semaine. Cette histoire ludique et amusante est loin d'être conventionnelle et même s'il y est question de prince charmant, de château, on s'éloigne des clichés sur les princesses. Sur la thématique du langage, Magdalena joue avec les mots, joue avec le rythme qui se veut musical et basé sur la répétition des voyelles. Un album plein de couleurs, de détails, plein d'entrain pour réveiller les sonorités et faire participer l'enfant à la lecture, qui aimera, sans doute, imiter les syllabes de la princesse!



Le site de l'illustrateur :  http://www.gwenkeraval.com
L'avis de Saxaoul

Une fille cache l'autre - Tome 2 - The Vincent Boys

Abbi Glines

La Martinière Jeunesse
Collection Fiction J
Traduit de l'anglais par Sophie Troubac
Paru en Septembre 2014
238 pages
14,90 euros

Roman ados à partir de 14 ans
Thèmes : Romance, Adolescence, Amour

Quatrième de couverture : Croyant qu'une aventure lui permette d'oublier Ashton qui l'a quitté quelques mois plus tôt pour Beau, son propre frère, Sawyer sort avec Lana. Folle amoureuse de lui, Lana est prête à tous les sacrifices pour effacer le souvenir de cet amour perdu. Mais l'omniprésence d'Ashton et de Beau ne lui facilite pas la tâche. Si Sawyer ne parvient pas rapidement à aller de l'avant, Lana pourrait bien elle aussi, se détourner de lui...

A propos du Tome 1 : "Tout s'enchaîne très vite entre des scènes d'amour pimentée aux scènes de révélations choc, de l'action et une bonne dose d'états d'âme, dans la plus pure tradition des romances Young Adult."

Après Un garçon de trop, la suite de la série The Vincent Boys arrive avec ce deuxième volet intitulé Une fille cache l'autre. Quelques mois ont passé après la rupture entre Sawyer et Ashton. Rappelez-vous, Ashton a choisi Beau et ils vivent leur amour aux yeux de tous, sans plus se cacher de Sawyer qui accuse le coup comme il peut. Il éprouve toujours des sentiments pour Ashton mais l'arrivée de sa cousine Lana, qui a bien changé depuis le dernier été, va changer la donne. En effet, Lana vient séjourner pour l'été chez Ashton. Si Lana est déjà bien éprise de Sawyer, pour le garçon c'est tout autre chose. Il pense qu'une aventure passagère avec Lana lui permettra d'oublier son amour perdu et de rendre jalouse Ashton. Quant à Lana, elle est prête à tous les sacrifices pour aider Sawyer à oublier sa cousine...

Dans Une fille cache l'autre, il n'y a plus de trio amoureux. Nous avons deux couples : Beau et Ashton qui filent le parfait flirt devant un Sawyer qui a beaucoup de mal à tourner la page et à encaisser ; puis le nouveau couple ambigu, vulnérable, balbutiant que forme Sawyer et Lana. L'arrivée de Lana change tout. Elle est jolie, mature, fragile, intelligente, et a beaucoup changé physiquement. Les garçons la regardent. Et Sawyer va s'en servir à son avantage. Il découvre aussi que la chasteté est une notion fluctuante face au désir grandissant, face à une Lana qui l'attire. Retournement de situation plutôt inattendu car le gentil Sawyer, jusqu'à présent irréprochable, gentleman, serviable, poli va devenir un vrai bad boy. Le prince charmant qui se réservait pour sa fiancée tombe bien bas et je l'ai parfois détesté. A jouer avec le feu, il pourrait bien perdre Lana et se rendre compte trop tard de son erreur. 

Jeux d'amour (et du hasard), séduction, romance tourmentée, disputes, déclarations émouvantes et confidences, cette suite m'a bien plu. Il est bien difficile de résister au charme charismatique des Vincent et là même si Beau est relativement "absent" du récit, la présence de Sawyer est tout aussi délectable. Lana est quant à elle un personnage très attachant. Elle a toujours bien aimé Sawyer et couverte de doutes, de complexes, elle ose enfin espérer un vrai amour, une belle relation. Elle en a aussi bien besoin, elle qui souhaite fuir le divorce compliqué de ses parents. Sawyer mettra du temps à comprendre ce qu'il se passe côté coeur alors que Lana, ombre de la bande complice des Vincent et Ashton, va prendre son indépendance, évoluer pour résoudre des problématiques adolescentes et familiales. 

J'ai bien aimé ce tome, bien que plus court, car Abbi Glines sait parfaitement doser une romance young adult à la fois forte et romantique en n'hésitant pas à créer des scènes sensuelles qui n'ont rien à envier au genre New Adult, tout en évoquant des thèmes chers à l'adolescence : l'affirmation de soi, la responsabilité, faire des choix, devenir adulte.

L'oeil du prince

Frédérique Deghelt

Editions J'ai lu
Paru en Septembre 2014
382 pages
14 euros

Quatrième de couverture : Années 1980: Mélodie, une jeune Cannoise, commence son journal intime. 1964 : Yann, un Français habitant New York, semble avoir laissé sa vie derrière lui. Vingt ans plus tard à San Francisco, Benoît voit son couple se déliter alors même que sa carrière de pianiste connaît une envolée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux résistants, Alceste et Agnès se découvrent amoureux grâce à leur correspondance. Celle-ci sera ouverte, un demi-siècle plus tard, par une vieille dame aux pensées habitées par les hommes qu'elle a aimés. Cinq voix s'élèvent à travers le temps et l'espace pour tenter de saisir leur chance, de comprendre leur vie, de mettre des mots sur le sentiment amoureux. Destin, hasard ou fatalité, un seul être peut savoir ce qui les lie : le lecteur. 


"L'œil du prince, dans un théâtre est l'angle de vue permettant de visualiser la perspective du décor sans déformation. Le terme vient du théâtre classique. L'œil du prince permet de voir la salle de façon symétrique. C'est aussi, en regardant de la salle vers la scène, la place d'où l'on voit le mieux le spectacle. En général, c'est le siège que choisit le metteur en scène lors des dernières répétitions, car c'est pour lui, l'endroit idéal. Cette place de choix se situe aux environs du septième rang, au centre de la rangée." Définition Wikipédia.

Ce roman met en scène cinq voix : celles de Mélodie, Yann, Benoît, Alceste et Agnès que l'on suit pour chacun à travers leurs écrits, leurs pensées, leur évolution à un moment donné de leur parcours. Les deux premiers personnages m'ont beaucoup touché. Mélodie, 17 ans, vit à Cannes dans une famille bourgeoise qui se désintéresse de ses choix, de son âme d'artiste. Elle brûle ses journaux intimes et se réfugie dans le Grand Bleu, film qui vient de sortir pour le festival. Pour la première fois, elle va assister à une représentation du film en direct du festival. Jeune fille réservée, elle voudrait réaliser ses rêves face à la superficialité de sa famille. Yann, français vivant à New-York vient de vivre un drame familial qui l'a anéanti. Il veut quitter New York mais surtout il se demande s'il doit continuer à vivre ou bien mourir. Seconde Guerre Mondiale : nous suivons la correspondance secrète de deux résistants qui apprennent à se connaître et tombent amoureux. Anna plonge peu à peu dans ses souvenirs...

Quel est le lien entre tous ces personnages? On peut regarder l'arbre généalogique en début du roman pour comprendre cette lignée familiale ou bien tout simplement se laisser bercer par la plume délicate et intimiste de Frédérique Deghelt. L'auteur nous entraîne vers la vie et décrit tous les sentiments qui s'y rattachent : amour tendre ou bien amour charnel, la joie, la tristesse, le deuil, le désir, le plaisir des choses simples. Elle nous interroge sur la notion de bonheur ou bien de tragédie, sur les liens qui se font ou se défont entre les êtres humains. L'oeil du prince nous parle de la vie, de ces destins entremêlés, du temps qui passe et de nos pensées qui demeurent.
Ce que l'on retient avant tout, lecteurs, c'est la construction du roman qui place la transmission au coeur des personnages. Fatalité ou bien hasard, coïncidence, tout ce qui nous arrive n'est ni bien ni mal. Cela fait partie d'un vaste plan, celui de la destinée et chaque évènement de notre vie peut être relié, lié à un autre. Il en ressort un roman d'une grande finesse et sensibilité, plein de poésie contemporaine, de ces phrases importantes qu'on aime à retenir pour nous aussi, nous permettre de vivre nos évènements familiaux.

samedi 27 septembre 2014

Bonnets rouges et bonnets blancs ♥ ♥

Ecrit par Praline Gay-Para
Illustré par Rémi Saillard

Didier Jeunesse
Collection Grands contes
Paru en Août 2014
40 pages
14,20 euros

Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Conte, Folklore, Petit Poucet

Le conte du Petit Poucet est universel. En voici la version antillaise venue de Marie-Galante à savourer avec bonheur et épices! La trame reste la même que le conte de Perrault, à quelques différences près. Dans Bonnets rouges et bonnets blancs, une mère élève seule ses quatre fils dont les prénoms créoles nous mettent tout de suite dans le ton : Titilifi, Tatalaf, Cotolofi et Quatavoume. Avec leurs jolies frimousses espiègles, ils nous font déjà sourire et apportent gaité et légèreté à l'histoire. Un jour, n'ayant ni vivres, ni argent, la maman décide d'emmener ses enfants jouer dans la forêt et elle leur bande les yeux. Puis précipitamment elle les laisse seuls pour jouer. Ils s'amusent toute la journée si bien qu'à l'approche du soir, les enfants sont perdus. Hélas dans cette version, il n'y a pas de petits cailloux pour retrouver le chemin de la maison. Quatavoume grimpe en haut d'un arbre et voit de la fumée. Ce n'est autre que la demeure de l'ogre et de sa femme. En fait l'ogre est ici appelé Compère Diable, référence religieuse guadeloupéenne dans laquelle les figures maléfiques, les démons, les ogres sont assimilés au Diable.

Compère Diable sent la chair fraîche des quatre enfants et prépare un repas d'enfer! Mais Quatavoume, le plus malin des frères a plus d'un tour dans son sac. Fouineur, chapardeur, il aime écouter aux portes et retenir les bonnes informations. C'est d'ailleurs la partie la plus amusante, la plus drôle et pleine de suspense de ce conte copieux! Et c'est là qu'on comprend la référence au titre Bonnets rouges et bonnets blancs.

J'ai beaucoup aimé cette version colorée, rafraîchissante et réjouissante du Petit Poucet. Le personnage de Quatavoume, très charismatique, avec ses idées ingénieuses, son esprit vif et son côté coquin est attachant. Le personnage de l'ogre est tout aussi truculent, représenté dans la démesure. Il fait peur avec ses cornes et sa queue de diable. Le texte suit une trame classique mais les mots sont fantaisistes et le rythme bon. C'est un album plein de générosité en matière d'illustrations. Elles sont très belles : vives, aux couleurs franches et contrastées, en respectant le côté imaginaire et surréaliste du Compère Diable, donnant à ce folklore toute sa splendeur graphique. Une version à découvrir! Un petit coup de coeur.

vendredi 26 septembre 2014

Trois soeurs

Jo Hoestlandt
Nathalie Novi

Gallimard Jeunesse
Paru en Septembre 2014
40 pages
14,90 euros

Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes : Fratrie, Famille, Grandir

Trois soeurs. Eléonore, brune aux yeux verts ; Martha, rousse aux yeux bleus et Jane, la narratrice, la petite dernière, châtain aux yeux noisette. Jane, on l'appelle toujours "la petite" et sa chambre se trouve tout en haut de la maison, dans une petite mansarde. Parfois les grandes soeurs sont tellement complices que la petite dernière se sent exclue de leurs secrets, de leurs rires. Parfois la petite les déteste et d'autres fois, elle les adore surtout quand elles viennent la consoler, lui brosser les cheveux, lui raconter des histoires. Un jour, Eléonore quitte la maison. Elle a trouvé un grand amour. C'est Martha qui récupère sa chambre et Jane prend la chambre de Martha. Bien que plus spacieuse, Jane ressent comme un vide, un manque. Puis Martha quitte la maison à son tour. Jane hérite de la chambre d'Eléonore, la plus belle, celle qu'elle aimait et convoitait tant quand elle était toute jeune. Il demeure encore l'odeur de ses deux soeurs parties, des élans de tendresse, des parfums de leur jeunesse. Jane met plus de temps que ses soeurs mais elle part aussi, vers d'autres paysages, vers d'autres aventures, vers d'autres horizons et rapporte des trésors du monde...

On est forcément ému en lisant cet album au charme suranné, à l'esprit d'antan, très "Jane Austen", avec son air des Quatre filles du Docteur March et ses illustrations classiques. Transporté dans une ambiance cosy, aux couleurs printanières et fraîches, le lecteur fait la connaissance de trois soeurs.
Les illustrations au crayon de couleur douces et poétiques apportent un charme fou à cet album à l'arrière goût mélancolique et nostalgique du bonheur passé, de l'enfance, de la fratrie. Empreint de souvenirs et d'espoir, le texte est sensible et délicat, exprimant tous les sentiments liés à la famille, à la fratrie, à la nécessité de grandir, de quitter le cocon protecteur de la famille pour vivre de ses propres ailes. La fin de l'histoire est très belle et montre que l'on reste soeurs malgré le temps qui passe, qu'il y a des façons, même en étant adulte de retrouver ce partage, cette complicité. Un album aussi élégant par son texte que pour ses illustrations qui constituent de magnifiques tableaux.

mercredi 24 septembre 2014

Mon Superlivre de la politesse

Elisabeth Brami
Illustré par Marie Paruit

Casterman
Collection Les Superlivres
Paru en Septembre 2014
48 pages
14,95 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Documentaire Jeunesse
Thèmes : Manuel, Quotidien, Politesse

Dès que je l'ai vu, j'ai craqué! Non seulement parce que j'ai trouvé l'idée géniale et aussi pour la présentation très attractive qui plaira aux enfants. Comment apprendre la politesse à nos enfants ? Comment leur expliquer ce qu'il faut faire et ne pas faire, ce qui est poli, ce qui est malpoli, ce qui est recommandé ou pas ? Comment leur faire distinguer toutes ces règles de savoir-vivre en société et en famille, au quotidien ? Mon Superlivre de la politesse y répond de manière amusante et brillante, manuel de savoir-vivre pour nos enfants d'aujourd'hui. C'est un album grand format magnifique et l'intérieur l'est tout autant : mots, illustrations pleine page. La politesse est un grand thème de l'enfance car c'est au plus jeune âge que les parents donnent des repères, des indications pour bien se tenir, bien se comporter. Cela fait également référence à la base de l'éducation et au fameux "bien élevé". Qu'est-ce qu'être bien élevé ? Et qu'est-ce que ça veut dire quand maman dit "ça ne se fait pas!" ?

Mon Superlivre de la politesse propose 20 pages, 20 situations de la vie quotidienne (à la maison, à l'école, à table, aux toilettes, dans les lieux et transports publics, chez les amis, chez la famille...). Dans ces 20 pages alternent garçons et filles, des Miss Papoli, des Miss Poli, des Mr Papoli et des Mr Poli, et face à face, mis en scène et entourés par des personnages et des environnements familiers, mis en contexte, le manuel va mettre en opposition deux types de comportements (le poli et le pas poli).


Tour à tour, Poli et Pas poli vont incarner des habitudes qui ont la vie dure, des attitudes positives ou bien contestables en famille et en société afin de solliciter la capacité de l'enfant à distinguer, à nommer, à déchiffrer et à penser la notion de politesse. Grâce à un texte court et expressif, à des illustrations drôles et vivantes, l'enfant reconnaît facilement les comportements opposés. Le ton est humoristique et les illustrations légères tandis que le propos reste sérieux et adapté au lectorat. Marie Paruit rajoute un brin de tendresse grâce à ses petits animaux qui peuplent et accompagnent les décors.

C'est un excellent manuel pour appréhender les règles de tenue, des conseils de propreté, de bon sens, vraiment récréatif pour sa présentation dynamique, ses dessins joyeux, sa mise en page intelligente et qui permettra à l'enfant de réfléchir, de se construire, de trouver sa place et de juger des aspects positifs de la politesse. C'est original, ludique, éducatif et on pourra y revenir souvent, selon les occasions. Un documentaire efficace et qui rendra service aux papas et aux mamans.

Tant que nous sommes vivants

Anne-Laure Bondoux

Gallimard Jeunesse
Paru en Septembre 2014
304 pages
17 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Amour, Initiation, Voyage

Quatrième de couverture : Folle amoureuse de Bo, l’étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde? 

       Tant que nous sommes vivants est encore une fois une réussite qui prouve qu'Anne-Laure Bondoux est une auteure talentueuse et précieuse de la littérature de jeunesse contemporaine française. Après Les larmes de l'assassin, Le temps des miracles, Pépites, Le destin de Linus Hoppe, Anne-Laure Bondoux revient avec un récit d'aventures, un roman d'amour magique, un conte intemporel et mature dont le fil conducteur est "Tu crois qu'il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue?" revient comme un refrain.

Composé de quatre parties et conçu comme un parcours, un chemin de vie, ce roman commence dans une ville industrielle. Deux amoureux, Bo et Hama travaillent à l'Usine de la ville, elle ouvrière de jour et lui de nuit. Ils ne se voient qu'à l'heure de leur roulement et le dimanche. C'est un temps bien triste, une époque où seuls les rares bonheurs comptent, les petits riens comme se tenir par la main, lire des petits mots. Le principal c'est d'être ensemble et vivant. Puis le drame arrive : la culpabilité de Bo, la tristesse d'Hama qui a perdu ses mains dans une terrible explosion, sa lente guérison. La ville détruite doit pourtant se reconstruire mais trouve en Bo le bouc-émissaire parfait pour les malheurs survenus. Contraints de fuir une communauté devenue violente et intolérante, Bo et Hama partent sur les routes, avec dans le ventre d'Hama un semblant de renouveau... Les années passent. Tsell grandit et à l'absence de ses parents, survit et suit son destin : partir en quête de ses origines, rejoindre en sens inverse et comprendre sa légende familiale.

C'est une histoire à la dimension spirituelle et psychologique dense et importante. Un récit d'aventures, d'une quête personnelle et initiatique, le parcours d'un couple qui s'aime d'un amour sincère et puissant dans un climat de temps durs, de pauvreté, de désespoir, de crise économique, de guerre. Un récit de transformations où l'on passe sans cesse d'un contraire à un autre, d'un état à un autre : de l'amour à la haine, de la splendeur au déclin, de l'enfance à l'adolescence, du deuil à la renaissance, du bruit au silence, de l'inconnu au connu, du passé à l'avenir et ainsi de suite. Autant de passages, d'épreuves qui permettent aux personnages de grandir, d'évoluer, d'être en mouvement. Bo et Hama vont rencontrer une communauté loufoque dans la forêt, qui va les accueillir, les aider à élever leur enfant. Les treize membres de cette communauté ont tous un don, quelque chose à apporter, entre alchimie, chamanisme, philosophie. Et c'est dans cette partie que le roman bascule dans des accents fantastiques, merveilleux : les symboles du feu, des ombres, du plomb et de l'or, de l'interprétation des rêves, l'art dans la construction de soi.

Construit comme un conte traditionnel mais aux propos modernes, Tant que nous sommes vivants est porté par une écriture intense, existentielle et symbolique. On y puise beaucoup de chagrin, de peur, d'injustice mais on en ressort grandi et fort tout en nous invitant à nous dépasser. Elle nous interroge sur des thèmes fondamentaux : l'amour, la mort, la filiation, la place de l'homme dans une société ravagée, sa force de caractère, sa volonté, l'espoir des générations qui suivent les traces des précédentes et achèvent leur travail. Un roman plein d'énergie, à la fois nostalgique et lumineux, poétique et envoûtant, onirique et réaliste dont le message profondément humain est simple : tant que nous sommes vivants, nous pouvons avancer, main dans la main, ensemble, libres d'aimer, libres de respirer et d'exister. Un roman plein d'émotions, marquant de cette rentrée. J'ai aimé, j'y ai puisé de la force, de belles phrases, des réflexions pourtant il m'a bouleversé car j'ai trouvé son propos triste. A découvrir!

Jack Vandal - Il veut sauver le monde. Ses parents veulent le détruire - Tome 1

Lee Bacon

Milan Jeunesse
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Paru en Mai 2013
206 pages
10,50 euros

Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Super-Héros, Super-Méchant, Aventure, Humour

Quatrième de couverture : Mardi 25 septembre, 4 heures du matin. Horreur ! J'arrive pas à dormir... Il faut dire que j'ai un super - problème. Mes parents sont de super - méchants, ils ne pensent qu'à une chose : détruire le monde. Pathétique ! Moi qui veux juste être un collégien normal. Et en plus, vous savez pas la meilleure ? Sophie, ma super - copine : son papa, c'est... le capitaine justice ! Pile - poil le pire ennemi de mes parents. Vous voyez le problème ? 

            Ce petit Jack Vandal m'a fait pensé à un dessin animé que j'adore Moi, moche et méchant car Jack n'est autre que le rejeton du couple Vandal, des super-méchants qui veulent détruire le monde. Ce matin, en ce 25 septembre, ils ont décidé de changer le climat et de créer une méga tempête. Jack voudrait être un collégien normal mais difficile avec une maman horticultrice qui éduque des zombies et un père, rat de laboratoire, toujours sur le qui-vive pour découvrir l'invention du siècle... destructrice l'invention bien sûr! Mais Jack ne préfère guère mieux le Capitaine Justice, du côté des super-héros, le pire ennemi de ses parents et accessoirement le père de sa nouvelle meilleure amie Sophie...

 « Pour la plupart des gens, la fin du monde est une catastrophe ; 
pour d'autres, c'est un but à atteindre »

Un Moi, moche et méchant super drôle et divertissant où il sera question de DON (doté d'une ontogenèse ultrarésistante échelonnée) de robots, de créatures fumeuses, de téléportations, de complots, de zombies et d'un humour complètement loufoque. Tous les ingrédients sont là pour faire passer aux jeunes lecteurs un moment rigolo et bourré d'action. L'intrigue est bien menée, on s'amuse, on se régale des pensées un poil ironiques de Jack, des titres des chapitres qui font sourire... sans aucun doute cette série plaira beaucoup aux collégiens! Des expériences foireuses qui viennent troubler le sérieux des cours... un univers parodique de super-héros, un collégien aux pouvoirs impossibles à maîtriser. C'est fou, farfelu et c'est très bien ainsi!


Le tome 2 est déjà sorti : Jack Vandal. Super-héros incognito.

mardi 23 septembre 2014

Cathy's Key - La suite de Cathy's Book

Stewart/ Weisman/ Brigg

Bayard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Pascale Jusforgues
Paru en Novembre 2009
222 pages
15,90 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Enquête, Immortalité, Adolescence

A propos du Cathy's Book : "Le Cathy's Book est une nouveauté en littérature de jeunesse. Sous forme de journal intime, il se présente en carnet dans lequel une pochette intégrée recèle de documents: coupures de presses, photos sépias, actes de naissances, lettres, feuilles d'agenda arrachées, dessins... le Cathy's Book est un concept à lui tout seul ! Tant au niveau de l'écriture, du style déguinguandé, très personnel et original que sur la mise en page un peu "chaotique" et cela pour mieux signifier la vie d'une adolescente, l'énergie et le peps de Cathy."

J'ai mis le temps avant de m'y mettre mais enfin je me suis décidée à le sortir de ma PAL. Malheureusement la lecture n'a pas été une réussite et définitivement je n'adhère pas au concept de la pochette intégrée regorgeant d'objets afin de permettre au lecteur de mener l'enquête en même temps que l'héroïne. Il y a 6 mois, Cathy a découvert que son petit ami, Victor, était immortel. Cela ne simplifie pas leur relation et Cathy se pose beaucoup de questions sur toutes ces croyances! De plus, le nouveau travail de Victor dans un laboratoire secret lui laisse peu de temps pour la voir alors elle se jette à corps perdu dans une enquête personnelle sur la disparition de son père. C’est alors qu’un mystérieux message pousse Cathy à partir pour Saint Louis, à la rencontre de tatie Joe, immortelle et voyante…

Pour pouvoir pleinement profiter de cette suite, il faut avoir lu le premier tome le Cathy's Book. Ce roman rassemble, comme son prédécesseur, une trame fantastique et polar en plongeant par immersion le lecteur dans l'enquête grâce à son interactivité : medias, numéros de portable gratuits, sites internet, facs similés, pochette remplie d'indices. Le style est pour ma part trop déroutant ou confus avec ce mélange ludique de dessins, de gribouillages, de journal intime et d'intrigue mystérieuse. C'est néanmoins plein de suspense et d'action, très bien conçu pour les ados. Entre réalisme et fantastique, le récit est plutôt intéressant et la lecture sympa pour les jeunes. Mais voilà je n'arrive pas à me prendre au jeu.




Le site du roman :  http://www.cathyskey.fr/