lundi 25 mai 2015

L'héritière - Livre IV - La Sélection

Kiera Cass

Robert Laffont
Collection R
Traduit de l'anglais par Fabienne Vidallet
Paru en Mai 2015
432 pages
17,90 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Dystopie, Romance, Concours

Quatrième de couverture : 35 prétendants. 1 princesse. Vingt ans après, une nouvelle Sélection commence ! La série best-seller La Sélection, de Kiera Cass, a su captiver les lectrices de tous âges dès la première page. Venez suivre dans ce quatrième tome la famille royale d'Illeá au coeur d'une toute nouvelle Sélection, et découvrez ce qui arrive après un mariage heureux et riche de plusieurs enfants... Vingt ans après la Sélection d'America Singer, et malgré l'abolition des castes, la famille royale d'Illeá doit à nouveau faire face au mécontentement du peuple : l'heure est venue de lancer une nouvelle Sélection pour apaiser les tensions. A dix-huit ans, la Princesse Eadlyn se sent prête à devenir reine. Elle l'est beaucoup moins à trouver un mari, au point que cette idée ne l'a même jamais effleurée. Quand elle consent finalement à ce que ses parents lui organisent une Sélection, Eadlyn ne s'attend pas à voir son quotidien bouleversé par l'arrivée des 35 prétendants et le cirque médiatique qui l'accompagne. Mais entre les raisons du coeur et la raison d'État, la Princesse va devoir faire des choix, et, au fil des semaines, elle va se prendre à ce jeu dont dépend l'avenir d'Illeá... 

Je ne savais même pas que Kiera Cass avait prévu un tome 4 à La Sélection, aussi je me suis précipitée sur L'héritière avec beaucoup d'attentes et de curiosité. Mon avis sera partagé car même si j'ai apprécié ma lecture, il faut vous avouer que l'auteur n'a pris aucun risque et que, vingt ans plus tard, les choses n'ont pas tellement bien évolué! Autrement dit, on retrouve tous les ingrédients des précédents tomes, avec un début de conflit intérieur, le palais, Maxon, America et leurs enfants. Bien que les castes soient abolies, la discrimination est toujours ancrée dans les moeurs. La révolte gronde et quelques incidents de rébellion sont à déplorer. Pour distraire le peuple et faire gagner du temps au Roi Maxon et à la Reine America, leur fille aînée, héritière du trône d'Illea (car née sept minutes avant son frère) va devoir se choisir, grâce à une nouvelle Sélection, un futur époux. Seulement la Princesse Eadlyn déchante à cette idée. Autoritaire, déterminée, elle est destinée à gouverner, à prendre des décisions mais ce qui est d'aimer, de tomber amoureuse, de minauder devant les caméras...elle ne sait pas faire. Convaincue de pouvoir régner seule, elle n'a que faire de s'encombrer d'un mari. Indépendante, têtue, considérée comme une peste, méchante et enfant gâtée, elle n'a pas bonne réputation auprès du peuple. En fait Eadlyn est inaccessible, distante, hautaine...bref elle est agaçante. Heureusement, au cours du roman, elle va évoluer et se montrer plus raisonnable.

Eadlyn a coeur d'aider ses parents et commence le concours avec plusieurs idées derrière la tête. Pas toutes bien sympathiques car il s'agit de jouer la comédie, d'étouffer la Sélection, de "maltraiter" ses prétendants, de faire payer ses parents de l'avoir jetée dans l'arène...Encore une fois, la Sélection ne manque pas de piquant au vu du sale caractère et de la forte personnalité de l'héroïne. De quoi a-t-elle peur ? perdre sa liberté, céder son coeur, souffrir, se montrer vulnérable à cause de ses sentiments ?... Si les Sélectionnés sont peu présents, c'est tout de même assez rafraîchissant et drôle de percevoir le concours sous le regard de la Princesse Eadlyn. C'est l'occasion de revenir sur la romance de ses parents, de croiser d'anciens personnages au palais...autant de petits clins d'oeil amusants et agréables car on peut faire la comparaison avec les trois tomes précédents.

Deux personnages masculins me plaisent particulièrement. Il s'agit de Kile, qui vit depuis son enfance au palais et connaît bien la princesse. Leur relation est pimpante : mini crises, disputes, baisers, jeux...On sent qu'il pourrait se passer quelque chose...puis Erik, qui n'est pas un candidat...et là j'espère qu'après ce premier tome un brin ronflant et répétitif, l'auteur va créer la surprise et le choc en lui attribuant une place à part. Je suis davantage déçue par la fin, qui arrive comme un cheveu au milieu de la soupe, aussi soudainement que bâclé...un rebondissement de taille dans la vie d'Eadlyn...qui va l'inciter à voir les choses sous un nouvel angle et qui précipite tout. Fallait-il ça pour que les lecteurs aient envie de continuer la série ?...car j'avoue que le reste du roman se repose sur les bases des autres, que c'est sans nouveauté majeure, que ça s'essouffle assez vite aussi...A suivre!


The Book of Ivy - Tome 1 ♥ ♥ ♥

Amy Engel

LUMEN
Traduit de l'anglais par Anaïs Goacolou
Paru en Mars 2015
341 pages
15 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Dystopie, Société, Crime

Quatrième de couverture : Voilà cinquante ans qu'une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d'une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des Etats-Unis d'Amérique s'est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd'hui, les fils et les filles des adversaires d'autrefois sont contraints de s'épouser, chaque année, lors d'une cérémonie censée assurer l'unité du peuple. J'ai seize ans cette année, et mon tour est venu. Je m'appelle Ivy Westfall, et je n'ai qu'une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu'on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche... Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera. Née pour trahir et faite pour tuer... Sera-t-elle à la hauteur ? A la fois histoire d'amour torturée, thriller psychologique et dystopie cruelle, The Book of Ivy vous entraîne dans un compte à rebours haletant dont vous ne sortirez pas indemnes. 

Je dois vous avouer que c'est la première fois que je lis un roman publié chez Lumen. C'est un éditeur qui me tente de plus en plus. Très intriguée par le résumé, je me suis lancée dans The Book of Ivy en partant du principe que c'était une nouvelle dystopie. En effet, suite à une guerre nucléaire, une poignée de survivants a réinstauré de l'ordre et de l'organisation. La famille Westfall a recrée une unité, une ville...mais le Président qui détient le pouvoir vient de la famille adverse : les Lattimer. Les deux familles se sont affrontées et celle d'Ivy, notre héroïne a perdu. Depuis, pour maintenir l'équilibre, pour étouffer toute tentative de rébellion, la famille des vainqueurs a instauré une règle : celle des mariages arrangés. Ainsi l'union d'un fils/fille perdant avec un fils/fille des vainqueurs permettra de garder le pouvoir et de rappeler à tous qu'ils sont les plus forts. C'est un procédé habile des Lattimer qui nous apparaissent d'emblée comme manipulateurs... Ivy Westfall est promise à Bishop Lattimer. Cette idée la répugne et depuis deux ans, elle est entraînée par sa famille pour réussir une mission : tuer son mari afin de déclencher une révolution. Les Westfall veulent reprendre le pouvoir de la ville et sont prêts à tout...

Si le contexte dystopique est classique, ce qui fait l'originalité et le suspense de The Book of Ivy c'est la relation évoluant entre Ivy et Bishop. On part d'un postulat dans lequel les ennemis sont les Lattimer...mais progressivement, subtilement, Ivy se rend compte que Bishop n'est pas du tout comme son père. C'est un jeune homme passionnant, intelligent, qui a du coeur, des opinions...et au lieu de le haïr, Ivy développe des sentiments d'affection, de respect et de tolérance pour lui. Il est compréhensif, doux et plein d'humilité...des traits de caractère qu'Ivy ne connaît pas. L'idée du mariage arrangé est aussi captivante parce qu'on s'aperçoit que la révolution va être compliquée sur le plan psychologique. C'est donc plus un roman humain, psychologique qu'un roman d'action, l'auteur misant sur la complicité naissante des deux héros, sur le quotidien qu'ils partagent. Puis Ivy va se poser des questions sur sa famille. Sa soeur, son père apparaissent comme des menteurs, manipulateurs, des êtres froids, dont l'unique but est la conquête du pouvoir, quitte à sacrifier des habitants. Ils sont sans scrupules et c'est assez inquiétant. J'ai beaucoup aimé le personnage de Bishop : droit, franc, sincère, attentif, généreux. 

Tiraillée entre loyauté, amour filial et sentiments amoureux, Ivy réfléchit, se torture, a des doutes. A la fin, elle prend une décision qui m'a bouleversé et déchiré tellement c'est beau et juste. Les dernières lignes m'ont complètement bluffée. J'ai hurlé de frustration! Vite vite la suite!!
The Book of Ivy est bien plus qu'un roman dystopique, il montre les rouages de la politique, de ce qu'une famille peut faire par esprit de vengeance. Roman de réflexion haletant, la relation entre les deux héros est exceptionnelle, à la fois pertinente, intelligente et sensible. J'en ai fais un coup de coeur!

vendredi 22 mai 2015

AFTER : Saison 1 ♥ ♥ ♥ - AFTER WE COLLIDED : Saison 2

Anna Todd

Hugo&Cie / Hugo Roman
Collection New Romance
Traduit de l'anglais par Marie-Christine Tricottet
Saison 1 : Paru en Janvier 2015 - 595 p - 17 euros
Saison 2 : Paru en Février 2015 - 709 p - 17 euros


Quatrième de couverture : Tessa est une jeune fille ambitieuse, volontaire, réservée. Elle contrôle sa vie. Son petit ami Noah est le gendre idéal. Celui que sa mère adore, celui qui ne fera pas de vagues. Son avenir est tout tracé : de belles études, un bon job à la clé, un mariage heureux. Mais ça, c'était avant qu'il ne la bouscule dans le dortoir. Lui, c'est Hardin, bad boy, sexy, tatoué, piercé, avec un "p... d'accent anglais !" Il est grossier, provocateur et cruel, bref, il est le type le plus détestable que Tessa ait jamais croisé. Et pourtant, le jour où elle se retrouve seule avec lui, elle perd tout contrôle. Cet homme ingérable, au caractère sombre, la repousse sans cesse, mais il fait naître en elle une passion sans limites. Une passion qui, contre toute attente, semble réciproque. Initiation, sexe, jalousie, mensonges, entre Tessa et Hardin est-ce une histoire destructrice ou un amour absolu ? 

Saison 2 :  Après un début tumultueux, la relation de Tessa et Hardin semblait s'arranger. Jusqu'au moment où Tessa découvre les secrets du passé d'Hardin, qui la bouleversent. Elle savait qu'il pouvait être cruel, mais à ce point. Hardin sera toujours Hardin, même s'il semble amoureux. Mais est-il vraiment l'homme dont Tessa est tombée éperdument amoureuse, ou est-il un étranger et un menteur depuis le début ? Ce n'est pas si facile. Le souvenir de ses mains sur elle, de sa peau qui l'électrise, de leurs nuits passionnées, trouble son jugement. Tessa n'est pas sûre de supporter une autre promesse non tenue, mais elle a besoin de lui pour avancer. Hardin sait qu'il a fait une erreur, peut-être la plus grande de sa vie, et qu'il peut perdre Tessa. Il sait aussi que ses amis peuvent se révéler des traîtres et mettre leur histoire en danger. Il veut se battre pour elle, mais pourra-t-il changer par amour ?

Tout ça, c'est de la faute de ma cousine, qui me rétorque qu'en réalité c'est ma faute si je lui ai donné le goût de la lecture et la folie des livres. Elle m'a convaincue de lire le dernier titre new adult tendance du moment : la série After qui compte 5 romans. Là tu te dis "mais dans quoi je m'embarque? 5 romans de plus de 600 pages...mais qu'est ce qu'il y a dedans?"

Il est question d'une étudiante Tessa, sérieuse, réservée...qui rencontre le tumultueux et insolent Hardin. Hardin c'est l'archétype même du bad boy tatoué, piercé, sexy, aguicheur, dragueur, provocateur...Et quand les deux se rencontrent et se fréquentent...ça détonne, ça explose. Hardin est détestable. Il incarne tout l'opposé de Tessa. Elle qui a une vie bien rangée, tranquille avec son petit ami Noah, sa mère qui la pousse dans ses études...elle sait où elle va et ce qu'elle veut. Alors au début elle fait comme si Hardin était de la petite vermine, une présence peu recommandable avec laquelle il faut bien composer au campus. Puis la voilà, malgré elle, se retrouvant dans des soirées étudiantes...et Hardin prend un malin et cruel plaisir à la déstabiliser...

Le tome 1 fut un coup de coeur...encore une fois et je me suis dit, c'est en fini de moi! Je suis partie pour me ruiner avec les 4 prochains tomes. Et c'était vrai. J'ai tout aimé dans ce premier tome. Tessa m'a joyeusement et avec nostalgie rappelé mes années fac...la découverte des autres, composer avec d'autres personnalités plus affirmées, plus expressives, faire des expériences, avoir envie d'autre chose. La description de sa vie au campus, de ses attentes, de son regard sur l'université...j'ai adoré. Puis entre en scène Hardin. Le sombre, méprisable, ingérable...Hardin avec ses réactions démesurées qui font trembler la frêle et sage héroïne, jeune fille en pleine découverte de sa sensualité. Les scènes de sexe, d'éveil à la sensualité sont d'un érotisme...à vous couper le souffle, à vous faire frémir certaines parties du corps. J'en suis encore tout émoustillée! Anna Todd écrit bien. En tout cas, je peux vous le dire, la qualité littéraire est bien présente. C'est mieux écrit qu'un E.L. James. Il y a une telle tension sexuelle, physique et émotionnelle entre les deux personnages que c'est insoutenable. Hardin initie Tessa au sexe, lui montre des facettes d'elle-même insoupçonnées. Hardin est un personnage masculin très charismatique pour son caractère assez violent et torturé (un genre d'Heathcliff??). Que cache-t-il? Et tout du long, même si la relation entre Tessa et Hardin évolue parfois positivement, malgré disputes, jalousies, petits coups bas et grands drames, il y a des moments de confidence, de confiance mais aussi beaucoup de suspense. Comment cela va finir? J'ai ressenti un certain malaise vers la fin du roman...l'impression désagréable qu'Hardin mentait à Tessa...et tout ceci, impeccablement maîtrisé, entre récit descriptif d'une lenteur agréable, dialogues pleins d'humour, réparties cinglantes, découverte des personnages secondaires, ambiance universitaire et moments plus intenses, scènes érotiques...et bien, oui, tout ça, est purement génial, addictif et prenant. L'écriture d'Anna Todd est efficace, rythmée et on est accros! Et cette fin...Inimaginable...nous laisse épuisés, avides, irrémédiablement tentés.

Dans After we collided...j'étais pleine d'espoir et hormis quelques moments sympathiques, avec certains rebondissements...je me suis profondément ennuyée. Que de longueurs, d'états d'âmes...un pas en avant, deux pas en arrière. Les réactions d'Hardin deviennent lassantes. Sa jalousie maladive n'est vraiment plus attirante ni touchante. On est sorti du cadre universitaire. Les seuls moments où j'ai apprécié ma lecture c'est lorsqu'on suit Tessa dans ses premiers pas dans l'édition, le domaine professionnel qu'elle choisit. Après les débuts sulfureux, ce tome 2 tourne autour de la question du "Donne-moi une seconde chance...", "Dois-je restée avec lui ou le quitter..." Bref on tourne en rond...et certains chapitres sont inutiles. Il ne se passe pas beaucoup de choses et chronologiquement, c'est long...toutes les journées sont passées au peigne fin. J'ai mis deux mois à le lire...il traînassait sur mon chevet, attendant mon bon vouloir. Peu d'action...hormis vers la fin qui là encore capte le lecteur. Hélas la fin n'est pas si sensationnelle que ça et était prévisible.  Je ne suis donc pas si pressée de lire le tome 3...qui m'attend dans ma PAL car l'enthousiasme et l'excitation ressentis lors du premier tome sont retombés. Je me demande même si je n'attendrais pas une sortie poche pour les tomes 4 et 5. A voir!

jeudi 21 mai 2015

La trilogie Fifty Shades - Cinquante nuances

EL James

Tome 1 Cinquante nuances de Grey
Tome 2 Cinquante nuances plus sombres
Tome 3 Cinquante nuances plus claires

Le Livre de Poche
Coffret paru en Novembre 2014
20,70 euros

Littérature adulte
Genre : Erotisme


A lire l'article d'Ori que j'ai adoré et qui retranscris assez bien ce que je pense de cette trilogie.



Pourquoi j'ai eu envie de lire Fifty Shades ? La première fois que j'ai entendu parler de Fifty Shades c'était par ma belle-soeur qui avait acheté le roman, suite à l'engouement américain et qui étais curieuse. Apparemment elle n'a pas fini le premier tome car c'est un livre "nul", "vulgaire" un récit de cul sans intérêt...Je n'ai donc pas donné suite. A l'époque je n'étais pas intéressée. Puis je suis devenue maman, du temps a filé...et lorsqu'on devient une maman, la femme en nous se perd. Le film arrivait en novembre 2014 et tombait à pic...aussi me suis-je jetée à l'eau!

Et OUIIIIII ce fut une réussite au-delà de toutes mes espérances. Le tome 1 est un coup de coeur, le tome 2 passe encore mais je me suis ennuyée au tome 3. Vous le savez, tout comme dans la série Thoughtless, ce qui me plaît moi, c'est la rencontre, l'excitation, la montée d'adrénaline...quand on est en train de tomber amoureux et qu'on découvre l'autre. Quand tout n'est que sensations. Après quand la chose est consommée, c'est moins drôle et plus routinier. Qualifié de Mommy porn...du porno pour maman, cette série a fait un carton plein! Qu'y trouve t-on ? Du sexe, de l'érotisme, du sadomasochisme...mais pas que car passé la découverte surprenante de la "salle de jeux" ou la "chambre rouge de la douleur", on y trouve du suspense, des rebondissements et aussi une belle romance pimentée.

Je ne reviendrais pas sur l'histoire, on la connaît tous. Anastasia Steele, jeune étudiante timorée et réservée, sur le point d'être diplômée, rencontre un riche homme d'affaires Christian Grey. Leur première rencontre est intense, mystérieuse, séduisante. La jeune femme sent qu'elle peut tomber amoureuse de ce beau brun ténébreux. Il est intimidant et sexy...bref tout ce que vous voulez. Il se montre insistant et intéressé, avec une étrange lueur dans les yeux à chaque fois qu'il déshabille du regard la pauvrette! Premier rendez-vous oblige, le prince charmant disparaît...faisant place à une bête de sexe dont les penchants pourraient en faire fuir plus d'une. Le premier tome oscille donc entre le "oui" ou "non" signer un contrat avec des règles, des obligations, des limites (et là on en prend pour son grade et on découvre pleins d'accessoires, mon instruction est faite!)...où Anastasia serait la soumise et Christian le dominant. 
Mais je le savais, au-delà de cette histoire de contrat, d'ébats et de débats sexuels...il y a beaucoup de sensualité où finalement Anastasia, élève fragile et complexée apprend à s'épanouir, découvre sa sexualité grâce à son mentor. Et tout le long, je me dis qu'il ne peut pas y avoir que du sexe. Ce n'est pas la seule recette du succès de cette série. Il y a forcément autre chose. Bien que Christian Grey m'avait déjà prise dans ses filets, il fallait autre chose pour que ça fonctionne. Forcément. Et ça n'a pas loupé...la fin laisse présager une belle et finalement très romantique histoire d'amour évoluant vers un avenir certain avec mariage, bébé, famille. Côté psychologie des personnages, là encore, ça vole pas haut mais on sera toutes piquées au vif, de savoir pourquoi Christian Grey est devenu comme ça et que cachent ses tourments ?

Alors oui, je vous avoue, ce n'est pas de la grande littérature (on disait ça aussi de Twilight et de la pauvreté littéraire de Stephenie Meyer), il y a beaucoup de "putain, bordel de merde" et autres mots provocateurs et sulfureux...tout ça est fait dans un esprit de pur consentement et de respect et même si il y a beaucoup de fessées...on prend son pied (hum excusez-moi du jeu de mot, j'en rigole toute seule!)

En tout cas (chut! maman ne lis pas ce passage, chut mes belles-soeurs si sages ne lisez pas ce qui suit)...j'ai totalement adoré, tombée amoureuse de Christian Grey, j'ai rêvé de lui...et si je vous dis que Fifty Shades m'a fait retrouver une libido d'enfer ?? n'en déplaise aux coincées, aux esprits étriqués et timorés, aux âmes bienpensantes et autres collets montés... Lisez et vous verrez!

JONAH - Tome 4 - La Nuit des Fugitifs

Taï-Marc Le Thanh

Didier Jeunesse
Illustration Rébecca Dautremer
Paru en Avril 2015
315 pages
16 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Aventure, Fantastique, Amitié

Résumé de l'éditeur : Parti sur les traces de ses parents, Jonah, accompagné d’Alicia, découvre la jungle, fascinante et dangereuse. Pour y survivre, ils vont devoir se battre. De leur côté, les orphelins, guidés par Draco, construisent un nouvel orphelinat, au coeur du désert. Très vite, ce petit havre de paix se transforme en une communauté utopiste, qui accueille de plus en plus de voyageurs…Quant à Véra, elle recherche activement Adam, dont elle a été séparée depuis l’épisode de la tornade. Sa quête va la conduire au coeur du quartier général des Sentinelles, où le garçon est retenu contre son gré. Enfin, Malcom est vaillamment sauvé de la prison de Zalavèg par les « monstres » qui, suite à la disparition du docteur Wilbur, se sont échappés du repère. Pendant ce temps, la nature malveillante prend possession de la plus haute autorité du pays, le Président, et agit à travers lui…

J'ai adoré ce tome! On change d'atmosphère, de paysages, d'ambiance. Jonah et sa compagne Alicia découvre la jungle et...ses dangers. La jungle a ses règles, sa tribu, ses rites, ses mystères et c'est fascinant. Bravo à l'auteur pour cette imagination foisonnante, qui rend la série Jonah vraiment différente et insolite. Malcom me fait penser à un héros désabusé d'un Sin City. Cette saga est bourrée de références culturelles populaires. Dans ce tome 4, on rejoint également les orphelins et Draco qui décident de construire une nouveau lieu d'accueil pour les voyageurs, les orphelins, les réfugiés dans les Montagnes noires. Puis il y a Véra qui recherche éperdument Adam suite à leur séparation. Sans parler des monstres qui s'enfuient du repère des Sentinelles avec des pouvoirs hallucinants...

J'aime beaucoup le thème de la nature en colère, qui cherche revanche et vengeance, en s'emparant de l'esprit d'un homme. C'est effrayant et c'est bien trouvé. Puis ce tome 4 est aussi très palpitant avec l'arrivée de nouveaux personnages : les 5 furies autrement dit des tueuses à gage. Il y aura un lot de révélations sur les origines de Jonah et la vérité sur ce qui est arrivé à ses parents. Une vérité qui dans ce roman d'apprentissage n'est pas facile à accepter et confronte Jonah à des choix. Bref c'est un tome plein d'action, de surprises, de rebondissements, de réflexions, très efficace et qui nous tient en haleine. En réalité je ne trouve pas les mots pour vous convaincre, et vous en raconter davantage sur ce qu'il se passe dans ce tome, serait gâcher le plaisir de la découverte. Il faut lire Jonah, c'est une saga tellement unique, exceptionnelle, riche et complexe qu'on y puise pleins de choses positives, au-delà même du plaisir de lecture. Il sera question de monstres, d'une dangereuse lueur verte dans les yeux du Président, de possession, de lutte pour la survie...quel imaginaire intelligent et fécond! Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans cette aventure!


L'été des pas perdus

Rachel Hausfater

Flammarion
Collection Tribal
Paru en Mai 2015
196 pages
12 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Maladie d'Alzheimer, Vieillesse, Relation grand-parent/enfant

Quatrième de couverture : Madeleine a un grand-père dont elle est très proche. Mais depuis quelque temps, il change, il oublie les choses ; pour lui, passé et présent se confondent. Le temps d'un été, Madeleine et lui vont cheminer ensemble.

L'été des pas perdus c'est le récit touchant d'une petite fille qui raconte comment son grand-père oublie ses souvenirs. Madeleine est très proche de son papi. Elle l'aime mais depuis quelques temps, il n'est plus lui-même, a des moments d'absence, est étourdi, nerveux, irrité...parfois il replonge dans son enfance et confond Madeleine avec sa soeur. Madeleine le sait, elle sent...quelque chose ne tourne pas rond...alors si on cassait la routine morose et triste de Paris pour suivre les traces de l'histoire de son grand-père. Si on partait en voyage ? Là-bas, en Normandie, dans son village natal, entre passé et présent, les souvenirs refont surface...Le Débarquement, la disparition de la soeur, la guerre. Parfois grand-père s'oublie et a perdu le fil de la réalité, mais avec tout son amour, Madeleine est là pour l'aider....

Madeleine est une fille forte et courageuse. Elle dit des choses vraies avec une sincérité exemplaire. Le style de l'écriture est pour beaucoup, dans un ton alerte, très vif, interrogateur : ""Il n'y a que des vieux, certains bien, d'autres miteux, piteux, malheureux. Qu'est-ce qu'il fait, mon grand-père pimpant, brillant, au milieu de ces croûlants ?"
Les mots sont à la fois simples et saisissants, les tournures de phrases toujours en rimes percutent et nous interpellent. Le texte de Rachel Hausfater a du rythme qui rend la lecture accrocheuse et prenante. C'est l'occasion d'évoquer la maladie d'Alzheimer avec subtilité, sans que la maladie soit clairement prononcée, mais on en ressent toute l'intensité et le drame. Avec nostalgie, avec mélancolie, Madeleine voit son grand-père changer, sans qu'elle n'y puisse rien y faire. Alors pour se donner du courage, pour profiter des derniers moments de bonheur, elle le suit et c'est l'occasion de revivre une enfance tendre et affectueuse : les vaches, la lande, la mer, et cette excitation mêlée de peur à l'approche des Alliés. Jolie lecture, à la fois sensible et émouvante. Peut-être un peu trop court pour que j'en fasse un coup de coeur.

mercredi 20 mai 2015

Vampire Academy - Tome 5 - Lien de l'esprit ♥ ♥ ♥

Richelle Mead

Castelmore
Traduit de l'américain par Karen Degrave
Paru en Août 2013
447 pages
16,90 euros

Roman ados dès 13/14 ans
Thèmes : Vampires, Amour, Bit-lit
  
♥ ♥ ♥

Quatrième de couverture : C'est l'heure de la remise des diplômes à l'académie et une nouvelle vie attend Rose et Lissa. Pourtant, pourtant, Rose n'arrive pas à oublier l'homme qu'elle aime. Elle aurait dû trouver la force de tuer le monstre qu'il est devenu. La prochaine fois qu'ils se rencontreront, il ne lui laissera pas le choix : il fera d'elle sa compagne d'immortalité, qu'elle le veuille ou non. 

C'est encore un MEGA ENORME GENIAL coup de coeur pour ce tome 5 qui m'a remué, bouleversé et ému. Quelles révélations! que de rebondissements, de suspense, de tensions, d'héroïsme, de combat épique, de romance, de sacrifice...Avide de connaître la suite des aventures de Rose Hathaway, après son retour de Russie où elle a essayé de combattre Dimitri, je me suis plongée dedans en mode intensif. L'amour de sa vie, transformé en Strigoï l'a emprisonné et lui a proposé de la transformer à son tour pour enfin vivre leur amour. Sauf qu'un Strigoï est incapable de sentiments et d'émotions...Aussi dur à admettre, Dimitri a changé. Alors que Rose réussit à lui planter un pieu, le tome 4 Promesse de sang se terminait sur une lettre de Dimitri : une menace de retrouver Rose et d'en faire sa compagne Strigoï. Lien de l'esprit commence dans cet état d'âme oppressant et déprimant où Rose se remémore les faits passés en Sibérie. Mais bientôt l'action et la réalité des Moroï et de l'académie la rattrape. Elle doit passer ses examens finaux pour être nommée officiellement dhampir. Une fois diplômée Rose part avec Lissa à la cour, afin de commencer une nouvelle vie. Elle essaye tant bien que mal de laisser Adrian avoir sa chance. Pourtant Rose est préoccupée, obsédée par son amour. Elle n'arrive pas à se sortir Dimitri de sa tête et de son coeur. Déterminée, téméraire, elle a des projets dangereux pour trouver une solution à ce dilemme...

Il n'y a pas un seul temps mort dans ce tome 5. Il est excellent, dynamique, foisonnant, copieux et on voit à quel point Richelle Mead a étoffé son intrigue, ses personnages, sa mythologie empreinte de spiritualité, de légendes, de symboles. Rose Hathaway sera l'héroïne qui aura le plus évolué, gardant tout de même son impulsivité et sa spontanéité. Je l'adore! Elle n'hésite pas à faire ce qu'il faut pour aller au bout de ce qu'elle croit. Il se passe des choses énormes dans cet opus. J'étais pleine d'espoir et je suis loin d'être déçue. Je suis en fait hyper heureuse que l'auteur soit allée dans le sens que j'attendais. Quelle histoire d'amour époustouflante! 

ENFIN Dimitri revient et tient la vedette! Bouleversements, émotions...la relation entre Dimitri et Rose est loin d'être tranquille. On croirait que tout va redevenir comme avant, on se dit qu'il y a de l'espoir mais les réactions de Dimitri envers Rose seront violentes. Rejetée, seule, j'ai eu un pincement au coeur pour Rose, parfois même à en avoir une boule dans la gorge. J'ai vraiment vécu ce tome. Il est réussi et promet une fin explosive et détonante. J'ai hâte et je ne vais pas tarder à me jeter sur Sacrifice ultime. Tout est parfaitement dosé : dialogues, descriptions, états d'âme, sentiments, action, révélations, suspense, combat... En tout cas, moi qui pensais en avoir fini avec les vampires, je constate qu'on fait encore d'excellentes sagas. Captivant, passionnant, addictif...je crois que Lien de l'esprit est mon tome préféré de la série. J'ai tout aimé...tout, même Lissa, alors qu'elle m'agaçait, m'a convaincue. Cela faisait longtemps que je n'étais pas aussi exaltée par une lecture. Quand j'y pense, mon coeur bat plus fort, je suis excitée à l'idée de savoir la suite...et pour tout vous avouer, j'ai même rêvé de Dimitri ♥. Alors quand un livre vous fait cet effet...c'est gagné !


mardi 19 mai 2015

Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe

Benjamin Alire Saenz

Simon & Schuster
Paru en Avril 2014
359 pages
Paperback
9,24 euros sur Book Depository

Young Adult dès 13 ans
Thèmes : Adolescence, Société, Famille

Quatrième de couverture : Dante can swim. Ari can't. Dante is articulate and self-assured. Ari has a hard time with words and suffers from self-doubt. Dante gets lost in poetry and art. Ari gets lost in thoughts of his older brother who is in prison. Dante is fair skinned. Ari's features are much darker. It seems that a boy like Dante, with his open and unique perspective on life, would be the last person to break down the walls that Ari has built around himself. But against all odds, when Ari and Dante meet, they develop a special bond that will teach them the most important truths of their lives, and help define the people they want to be. But there are big hurdles in their way, and only by believing in each other―and the power of their friendship―can Ari and Dante emerge stronger on the other side.


Bien, bien, bien...suite aux avis très positifs et plébiscités par la blogosphère, je me suis lancée dans la découverte du fameux Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe. J'ai aimé le roman mais ce ne sera pas un coup de coeur (par contre la couverture est magnifique) mais par rapport au Will&Will de John Green, j'ai trouvé que Benjamin Alire Saenz parlait beaucoup mieux du sujet de l'homosexualité. Tout d'abord, niveau contexte c'est beaucoup plus cohérent et flagrant : nous sommes en 1987 et l'homosexualité est tabou, les coming out sont encore rares à cause de l'homophobie. Le thème sera abordé avec une extrême subtilité et délicatesse, amenant le lecteur à deviner les sentiments et les émotions qui se profilent.

Aristotle, dit Ari, 15 ans est un adolescent mal dans sa peau, en colère...il n'est pas très sociable, il n'aime pas les gens et n'a pas d'amis. Son frère est en prison, son père a fait la guerre et est encore hanté par ce qu'il a vécu. Son silence, sa distance empêche Ari de s'épanouir et le jeune homme s'enferme dans ce cercle familial parfois sombre. Aristotle plombe le côté lumineux apporté par Dante et j'ai ressenti ce jeu clair-obscur tout du long. Pourtant sa mère l'aide beaucoup à s'exprimer avec beaucoup d'humour et de tendresse. Elle incite Ari à voir la vie et son adolescence comme quelque chose de bien, de prometteur. Lorsqu'Ari rencontre Dante à la piscine, c'est d'abord l'opposition qui les caractérise. Dante sait nager mais pas Ari. Après la rigolade autour de leurs prénoms originaux, ils font connaissance. Une amitié naît, de celle qui change les vies, de celle qui sont faites pour durer au-delà des désaccords et des disputes. Dante est un peu l'opposé d'Ari. Il est cool, s'affirme, sait ce qu'il veut, sait ce qu'il veut être. Il aime la poésie et l'art. Il est très expressif et drôle contrairement à Ari qui se morfond et s'apitoie sur son sort. Dante c'est la bouffée d'air pur d'Ari. Les deux deviennent inséparables, se questionnent sur le monde, sur la sexualité, sur les cauchemars, sur la famille...sur les choses de l'univers...

J'ai aimé ce roman grâce à Dante, cet adolescent tellement décalé et rafraîchissant dont la vision du monde est parfois déroutante mais très sensible et poétique. Beaucoup de passages m'ont plu à propos de la souffrance d'Ari...il a ce regard triste sur sa famille, sur son frère...Certaines phrases sont belles et on voudrait les retenir. Il y a aussi un brin de mélancolie, celle de l'adolescence perdue, qui se cherche désespérément en interrogeant le monde qui l'entoure. C'est un roman sur l'identité car les héros sont américains d'origine mexicaine et ce ne sera pas anodin. Si j'ai moins aimé les premières parties, celle de la rencontre, je n'ai plus lâché le livre après un évènement important du récit...Un fait va bouleverser la vie de Ari et Dante et tout va prendre plus d'ampleur et d'intensité psychologique. Progressivement on devine les messages de l'auteur. J'ai adoré toutefois les derniers chapitres, tellement beaux, forts lorsqu'Ari, enfin, se confie à ses parents. Et la réaction des parents est magnifique, tolérante, incroyable. On aimerait devenir des parents aussi exemplaires et compréhensifs. Loin d'être parfaits, ils sont toujours présents et encouragent leurs enfants avec bienveillance, sans jugements. Entre autres, le roman parlera d'amour, de la famille, des épreuves de la vie, de l'amitié, de la quête identitaire, des soucis existentiels sous une forme philosophique...Saenz en fait un roman d'apprentissage attachant.

Niveau lecture en VO, impeccable, ça roule tout seul...l'écriture est simple, très fluide et le style alerte. Peu de descriptions, beaucoup de dialogues, une dose d'humour font de la lecture en anglais un vrai bonheur pour les débutants. Alors n'hésitez pas à le lire en VO, ça a son charme. Quel plaisir de comprendre chaque mot, leur symbolique et de ressentir les émotions. Mais j'avoue, je m'attendais à avoir un coup de coeur et je suis déçue de ne pas l'avoir eu. Je ressors de cette lecture, contente, avec un je ne sais quoi qui ressemble à de l'affection. 


A paraître chez Pocket Jeunesse en mai 2015, 
sous le titre Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Girl Online

Zoe Sugg

La Martinière Jeunesse
Collection Fiction J
Traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith
Paru en Mai 2015
352 pages
13,90 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Adolescence, Blog, Amitié

Quatrième de couverture : Gaffeuse et réservée, Penny a le don de se mettre dans des situations embarrassantes. Derrière la jeune fille maladroite, pourtant, se cache la très populaire blogueuse Girl Online, qui confie ses rêves et ses secrets sur le net. Grâce au succès de son blog, Penny prend peu à peu confiance en elle, et la vie lui paraît soudain plus facile. Si bien qu'un jour, à New York avec ses parents, elle s'autorise à croire au grand amour. Mais l'élu de son coeur ne lui a pas tout dit. Et ce n'est pas n'importe quel garçon. Penny n'est pas au bout de ses surprises... 

Penny est une adolescente comme les autres, à une différence près, elle a crée un blog personnel, à son image. Un lieu d'expression anonyme où elle n'aurait pas honte de se montrer telle qu'elle est et a envie d'être. Progressivement, ses posts sont commentés et son blog devient populaire. Elle trouve alors confiance en elle et aborde certains faits de sa vie avec plus de philosophie, moins de stress et davantage d'estime de soi. Plutôt maladroite et volontiers gaffeuse, Penny est une jeune fille réservée et drôle. Pourtant de terribles crises d'angoisse l'empêchent d'être pleinement heureuse. Sous le pseudonyme de Girl Online elle confie ses craintes, ses secrets, ses peurs. Lors d'un voyage à New-York, elle va rencontrer Noah et tombe amoureuse. Avec lui, tout est au mieux, elle peut tout lui confier, il la comprend, ne se moque pas. Bientôt elle confie ses premiers instants magiques sur son blog...le web s'emballe lorsqu'on apprend que Noah n'est pas qu'un simple Brooklyn Boy. De la popularité au harcèlement, Penny va perdre le contrôle du déchaînement qu'elle a provoqué sans le vouloir...

Avec beaucoup d'humour et de tendresse, Zoe Sugg aborde les aléas de l'adolescence sous le regard très juste de la e-reputation et des réseaux sociaux. Dès lors qu'on attire les masses, qu'on plaît, que le blog a la côte, tout va bien, Penny se sent pousser des ailes...mais tenir un blog même anonymement c'est s'exposer à la critique et parfois à la méchanceté gratuite des autres. Il sera question de problèmes d'adolescente lambda : meilleure amie jalouse, espoir amoureux, mode, recherche identitaire, confiance en soi, famille, amitié... et le style de Zoe Sugg fonctionnera chez les jeunes adolescentes qui s'identifieront facilement à l'héroïne de Girl Online. On dévore ce roman pour son côté simple, mignon, son écriture dynamique, alerte et plein d'énergie. Même si il arrive les pires crasses à Penny, ce roman donne la pêche et apporte beaucoup de joie et d'optimisme. Le sujet est d'actualité : la vie privée exposée sur le net, comment tout peut déraper, comment réagir et s'en sortir avec la tête haute. En bonus, une jolie romance entre Noah et Penny, vraiment so cute et magique apporte au roman son petit côté "conte de fées" moderne. Une chouette lecture, qui m'a bien plu et très sympa.

Nous les menteurs

E. Lockhart

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny
Paru en Mai 2015
288 pages
14,50 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Famille, Adolescence, Amour

Résumé de l'éditeur : Une famille belle et distinguée. L'été. Une île privée. Le grand amour. Une ado brisée. Quatre adolescents à l'amitié indéfectible, les Menteurs. Un accident. Un secret. La vérité. Un drame familial époustouflant où culmine le suspense. Une lecture qui, à peine terminée, donne envie de retourner à la première page pour recommencer... 


Lorsqu'on lit les avis sur ce roman, il n'y a que des éloges : "renversant, foudroyant, époustouflant, merveilleux, incroyable, génial..." et je ne vais pas vous mentir, je n'ai jamais rien lu de ce genre. Je suis ressortie de Nous les menteurs complètement séchée. Avant de commencer, j'ai pensé aux Blue Cerise, vous savez, cette bande de quatre copains qui vit en cachant un terrible secret, un accident survenu lors d'un été pendant les vacances.
Nous les menteurs commence un peu pareil, à la différence près, qu'ici, il s'agit de trois cousins et d'un ami : Mirren, Johnny, Cadence et de Gat. Cady raconte leurs étés où à chaque vacance, toute la famille se rejoint sur l'île de Beechwood. C'est une famille riche, chacune des filles a une propriété sur l'île. Tout semble parfait, heureux. La famille est soudée, partage des souvenirs doux et tendres. Ca sent bon les petits plats, le parfum de la plage, des soirées au calme, le grand-père racontant ses souvenirs. Mais la richesse provoque aussi beaucoup de remous : jalousies, rivalités entre soeurs, manipulation, et les petits-enfants se retrouvent au milieu des guerres de successions et d'héritage.
Pourtant les adolescents préservent leur insouciance, leur bonheur. A chaque été, ils inventent plusieurs façons d'échapper au poids de la famille, au devoir de responsabilités...sur la plage, ils vivent, sourient à la vie, s'amusent, profitent de leur jeunesse. Cady tombe amoureuse de Gat et vit des instants magnifiques... Jusqu'au jour où l'on retrouve Cady à demi-consciente. Elle a eu un accident et souffre de migraines et d'amnésie. Le choc disent les médecins. Pour essayer de retrouver la mémoire, Cady retourne sur Beechwood, deux ans après...

Le tour de force de ce roman c'est sa narration. La majeure partie du roman reste classique : adolescence, amitié, amour, vacances, été, plage, premier amour...puis l'accident vient tout chambouler et tout sera tourné autour de cet évènement perturbateur. C'était pendant l'été quinze. On a retrouvé Cady, de nuit, seule, débraillée, presque noyée. Subtilement, brillamment, l'auteur nous fait ressentir que quelque chose de grave s'est passé. La vérité nous est cachée, ainsi qu'à l'héroïne qui bataille, corps et âme, à la recherche d'indices, de souvenirs. Mensonges, secrets, le mystère demeure entier et ça nous frustre tellement qu'on ne peut plus lâcher le livre. La mémoire défaillante de Cady est le leitmotiv du récit. Les questions, les doutes, les malaises, les silences, les regards, l'ambiance devient pesante, oppressante... Le roman est ponctué de plusieurs contes, qui ont toutes une variante et une issue différente, jamais heureuse d'ailleurs. Il y a un Roi, trois soeurs, des soucis de succession et de petits-enfants. Ces contes sont le reflet de ce que vit Cady, de sa manière de percevoir sa famille si distinguée, bien docile et parfaite, mais dessous tout est plus glauque et sombre. On élabore des théories toujours plus violentes : viol, dispute, que sais-je encore! Le personnage de Gat est ambigüe. Puis il y a la vérité, dévoilée en 30 pages à peine et là c'est le CHOC. Je n'ai rien vu venir... je pressentais un drame à cause du ton grave et sérieux de Cady, mais pas de cette ampleur. La réalité dépasse l'imagination. Je suis secouée...je suis bluffée. Quelle prouesse narrative!

lundi 18 mai 2015

Le mystère de Lucy Lost ♥ ♥ ♥

Michael Morpurgo

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
Paru en Avril 2015
448 pages
15,50 euros

Roman ados dès 10 ans
Thèmes : Aventure, Première Guerre Mondiale, Naufrage

♥ ♥ ♥

Quatrième de couverture : Sur une île de l'archipel des Scilly, un pêcheur et son fils découvrent une jeune fille blessée et hagarde, à moitié morte de faim et de soif. Elle ne parvient à prononcer qu'un seul mot : Lucy. D'où vient-elle ? Est-elle une sirène ou plutôt, comme le laisse entendre la rumeur, une espionne au service des Allemands ? De l'autre côté de l'Atlantique, le Lusitania, l'un des plus rapides et splendides paquebots de son temps, quitte le port de New York. A son bord, la jeune Merry, accompagnée de sa mère, s'apprête à rejoindre son père blessé sur le front et hospitalisé en Angleterre... L'histoire du Lusitania, torpillé pendant la Première Guerre mondiale et dont le destin tragique fait écho à celui du Titanic, a inspiré l'auteur de Cheval de guerre et du Royaume de Kensuké. 

Mai 1915. Alfie découvre avec son père, une jeune fille blessée sur une île abandonnée de l'archipel des Scilly, au large des côtes de Cornouailles. Affamée, terrorisée, elle semble traumatisée et ne se souvient de rien, ni de son identité, ni de son histoire, ni de la raison pour laquelle elle s'est retrouvée là. La famille d'Alfie décide de la recueillir et de lui prodiguer tous les soins nécessaires à son rétablissement. Avec elle on retrouve une couverture avec un prénom allemand... Lucy (c'est le seul mot qu'elle a pu prononcé) est-elle allemande? En ce temps troublé de guerre et de torpillage du Lusitania, les habitants de Scilly ont des suspicions et s'en prennent bientôt à la petite orpheline. Puis nous suivrons la jeune Merry, new-yorkaise, embarquant avec sa mère à bord du paquebot Lusitania pour rejoindre son père, blessé et hospitalisé en Angleterre.

Le réalisme historique...genre de prédilection de Michael Morpurgo n'aura jamais été aussi poignant et bouleversant que dans Le mystère de Lucy LostCe que j'aime tout particulièrement chez Michael Morpurgo c'est la magie de ses histoires, le fait de les situer dans un contexte historique, de s'en inspirer, rend les émotions tellement plus authentiques et fortes. Grâce à lui j'aime entendre parler des guerres mondiales, son devoir de mémoire ne tombe jamais dans le pathos, est toujours fait avec sincérité et simplicité. Le roman est conçu comme une histoire d'aventures... entre suspense et mystère. Qui est cette jeune fille échouée sur l'île ? Comment est-elle arrivée là ? Quelle est son histoire ? Entre fantasme (sirène?) et réalité imprégnée de peur, de doutes et d'intolérance haineuse (espionne allemande?), le roman oscille entre la tragédie d'un contexte historique avec la Première Guerre mondiale, le naufrage du Lusitania qui fait écho à celui du Titanic et la chaleur d'une famille adoptive pleine d'attentions. J'ai adoré suivre les révélations, le long et difficile parcours de Lucy pour retrouver la mémoire, pour affronter sa tragédie familiale. La mer, la musique, l'ambiance chaleureuse d'un foyer accueillant et réconfortant, l'amitié sincère et durable, l'entraide...autant de thèmes importants, qui font toute l'intensité des histoires de Morpurgo.
Entre tragédie et lueur d'espoir, Michael Morpurgo nous livre encore un récit plein d'émotions...une histoire poignante qui fait battre le coeur. Jamais l'Histoire n'aura été aussi bien racontée, avec des personnages inoubliables d'une bonté incroyable, une profondeur psychologique. Même si ses romans sont inspirés de faits réels, historiques, ils ont tous un côté magique, intemporel et attachant. Ses histoires sont de celles qui durent, qui restent, qui se transmettent. Un coup de coeur.

Quelques mots de l'auteur au sujet de son roman :
 "Trois heures après le naufrage du navire, on raconte que les sauveteurs ont trouvé le piano du Lusitania qui flottait sur l'océan avec une enfant allongée sur le couvercle. C'est l'image de ce piano sur la mer et d'une fillette survivante qui m'a amené à écrire ce roman. Je voulais retracer la vie de cette enfant, tenter d'imaginer pourquoi elle et sa mère étaient montées à bord de ce paquebot et d'éprouver le choc ressenti par une petite fille qui voit sa mère se noyer. J'ai essayé d'imaginer la manière dont elle a pu vivre ensuite avec ce chagrin et le surmonter. Mais, au-delà de l'époque et du lieu, cette histoire montre que le pouvoir de l'amour nous permet de revivre et nous donne de l'espoir même dans les moments les plus sombres."

Papa à grands pas

Nadine Brun-Cosme
Aurélie Guillerey

Nathan
Collection Album Nathan
Paru en Mai 2015
32 pages
10 euros

Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Papa, Amour, Famille

Quatrième de couverture : Ce soir, c’est le papa de Mathieu qui doit venir le chercher à la crèche, avec sa très vieille voiture verte. Mais Mathieu est un peu inquiet : et si la vieille voiture ne démarre pas ? Aucune inquiétude, quand il s’agit d’être à l’heure à la crèche, l’imagination de papa tourne à plein régime ! 


Je trouve que c'est toujours sympa et attendrissant lorsque les papas lisent une histoire à leurs enfants. C'est avec ce genre d'album que l'occasion s'y prête à merveille, créant ainsi un lien privilégié entre le papa et son enfant empreint d'affection, de tendresse, de partage. Papa à grands pas est l'histoire d'un papa qui explique à son fils que ce soir il ira le chercher à la crèche. Seulement la voiture du papa de Mathieu crachote un peu...a du mal à démarrer. L'enfant s'inquiète : et si la voiture de son papa ne démarre plus, comment fera t-il pour aller le chercher à la crèche ? Pour le rassurer, son papa invente mille et une façons, toutes plus farfelues et rigolotes les unes que les autres pour lui expliquer, que quoiqu'il arrive, son papa sera là et ne manquera pas la sortie...
 




 Un album tendre, attachant pour montrer l'amour, la dévotion et la responsabilité d'un papa protecteur et formidable. Plein d'imagination foisonnante, d'histoires merveilleuses, les petits y verront des dragons, des ours, une nuée d'oiseaux...mais la meilleure solution, celle qui arrêtera les questions et les doutes, c'est la simplicité car rien ne pourra empêcher papa de retrouver son fils. Un album super génial pour son message réconfortant et apaisant, qui traite de la peur de la séparation, avec beaucoup de rebondissements, de justesse et d'humour. Les dessins sont superbes, très joyeux, réjouissants et colorés. Une histoire drôle et sensible. En un mot, craquant!

Quel est ce cri ?

Illustrations Giulia Orecchia
Texte Giovanna Mantegazza

Nathan
Collection Percimages
Paru en Mai 2015
22 pages
11,90 euros

Album Jeunesse dès 18 mois
Thèmes : Animaux, Découverte, Cri

La collection Percimages, des livres gais, attrayants, faciles à manipuler. Des livres "longue durée" faits sur mesure pour les petits.


Je m'attendais à ce que l'album Quel est ce cri ? soit un album sonore...à chaque animal son bruit. Mais en fait pas du tout et c'est plutôt une heureuse surprise finalement. Au fur et à mesure que l'on découvre un animal, il suffit d'imiter son cri : souris, mouton, chien, chat, vache, cigale, abeille, coq, perroquet...chaque page fait découvrir un animal avec son petit cri. Pour rendre la lecture vivante, attrayante et dynamique, il faudra donner de sa voix et imiter les sons proposés. Du "cui cui" au "miaou" en passant par le "bêê" et le "meuh"...tout est facile et accessible, amusant à faire surtout lorsqu'on voit le visage expressif et rieur de son bébé. Les bébés vont adorer vous entendre faire des bruits rigolos, raconter les histoires d'animaux et ils observeront avec attention les dessins joyeux et colorés de cet album, le tout avec beaucoup d'humour. Le côté "trous" pourra être également très amusant, on peut y glisser les doigts pour tourner les pages ou y glisser une marionnette-chaussette!

samedi 16 mai 2015

Cendrillon - Le roman inspiré du film Disney

Adapté par Brittany Candau
D'après le scénario de Chris Weitz

Hachette Jeunesse
Traduit de l'anglais par Christophe Rosson
Paru en Mars 2015
267 pages
16 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Cendrillon, Conte de fées, Enfance

Résumé de l'éditeur :  «Cendrillon» nous présente les aventures d'Ella, dont le père se remarie après la mort tragique de sa mère. Bien décidée à soutenir son père, Ella accueille avec la plus grande gentillesse sa belle-mère Lady Tremaine et ses deux filles. Mais lorsque le père d'Ella meurt à son tour, elle se retrouve à la merci d'une famille cruelle... 


"J'ai un secret à te dire. Un grand secret, qui t'aidera à traverser toutes les épreuves de la vie. N'oublie jamais: aie du courage, et sois gentille. Tu possèdes davantage de gentillesse dans ton petit doigt que la plupart des gens dans tout leur corps. C'est là un pouvoir. Un pouvoir plus important que tu ne le crois. La gentillesse va de pair avec la bonté. Et la bonté apporte le bonheur. Aie du courage, et sois gentille. Me le promets-tu ?
-Je vous le promets, mère."
 



En attendant de voir le film, j'ai voulu me replonger dans le conte de fées magique de Cendrillon. C'est un de mes Disney préféré et je trouve que la couverture, jolie, magnifique du roman Hachette est sobre, élégante. L'édition et la présentation, soignées prolongent la féérie avec de jolis décors arabesques bleu clair entre chaque chapitre et un soin particulier accordé à la police. Cette édition a donc tout pour séduire et je me suis lancée à coeur joie dans Cendrillon, me souvenant que j'avais eu un coup de coeur pour Maléfique l'année dernière. Ce qui est enthousiasmant lorsqu'on lit un livre tiré d'un film qui revisite un conte archi connu...c'est de chercher les petites nuances qui feront la différence. Dans cette version, tous les éléments sont fidèles à la version originale du conte, hormis deux, trois nuances qui apportent générosité, humour à l'histoire. Je m'attendais à quelque chose de plus revisité, avec des changements importants mais non. Le roman est donc très réussi, et l'on retrouve toute la douceur, la bonté, la tendresse de Cendrillon. Son credo "sois gentille et sois courageuse" ouvre les coeurs et nous donne envie d'aimer cette princesse si bienveillante. Même si avec l'âge, je me suis agacée de son attitude effacée et trop bonne face à la cruauté de sa belle-famille, j'ai bien aimé me replonger dans les aventures d'Ella. Le plaisir de lecture est là, faisant renaître les souvenirs d'enfance, nos âmes de petite fille pleine de rêves et d'espoir. Une jolie version qui ravira petites et grandes, qui saura vous séduire, car bien au-delà du conte, cette édition est adorable.

Perdue et retrouvée

Cat Clarke

Robert Laffont
Collection R
Traduit de l'anglais par Alexandra Maillard
Paru en Avril 2015
414 pages
17,90 euros

Roman ados dès 15 ans
Thèmes : Kidnapping, Identité, Famille

Quatrième de couverture : Essayez d'imaginer : Une enfant kidnappée. Une famille déchirée. Lentement, au fil des ans, cette famille va recoller les morceaux. Elle reste un peu fragile, bien sûr, mais toujours unie. Et voilà que l'enfant, devenue adulte, revient à la maison... C'est là que l'histoire commence. Et si la fin du cauchemar n'était que le début d'un autre ? Le nouveau roman bouleversant de Cat Clarke. 

J'étais très intriguée par le nouveau Cat Clarke, parce que j'aime beaucoup cet auteur et j'apprécie les sujets de société qu'elle choisit d'évoquer. Dans Perdue et retrouvée, elle s'attaque à un sujet extrêmement révoltant, douloureux et délicat, celui du kidnapping d'une petite fille. Tout d'abord je m'attendais à ce que l'auteur raconte l'enlèvement du point de vue de la victime, celui de Laurel Logan, 6 ans. Mais en fait c'est Faith, la petite soeur de Laurel qui raconte son histoire, son douloureux parcours, son enfance tournée autour de la disparition de sa soeur. Entre la séparation de ses parents, le poids omniprésent des médias, l'enquête difficile et longue, en passant par le regard des autres au lycée... Faith se cherche et semble perdue, touchée par une solitude dont sa mère en est la cause. Jusqu'au jour, où, 13 ans plus tard, la police retrouve Laurel vivante. Après la stupéfaction et le bonheur, Faith reste tout de même sceptique, inquiète de la suite des évènements. Déboussolée, Laurel a une attitude étrange, manipulatrice... car une série de faits rendent Faith méfiante et soucieuse, s'isolant de plus en plus de son petit ami et de sa famille.

Perdue et retrouvée m'a fait poser beaucoup de questions et m'a énervé. Enfin disons que c'est Faith qui m'a agacé. On peut comprendre sa position pas facile, celle de concilier au mieux ses besoins et ceux de sa soeur. Par affection, elle tente de tout faire pour aider sa soeur...mais lorsque celle-ci impose des choses et manipule les sentiments, à plus d'un titre, j'aurais voulu que Faith s'affirme plus, fasse respecter ses choix même si cela ne plaisait pas à sa mère. Du coup, on se demande un peu qui est réellement la victime dans cette histoire car le retour de Laurel bouleverse tout et détruit en quelque sorte le peu de confiance et d'estime que Faith avait d'elle-même. Quand on grandit dans l'ombre d'une soeur kidnappée et disparue, comment construire sa personnalité ? comment se démarquer et se faire aimée pour ce qu'on est et pas pour l'histoire de sa famille ? Même si le fait de retrouver Laurel, comme par miracle, m'était peu crédible, je ne m'attendais pas à cette fin, que j'ai trouvé extrêmement belle, déchirante et courageuse. Le tour de force, je pense et la grande originalité de Cat Clarke pour ce roman s'est de détourner l'attention, de faire "détester" Laurel alors qu'elle est la victime...ma sympathie est allée pour Faith, dont j'ai regretté, toutefois, la totale transparence et l'effacement pour laisser sa soeur sous les feux des projecteurs. Elle nous offre ici une belle leçon de sacrifice et de don de soi, et pour cela c'est une héroïne attachante. 

Raconter le kidnapping et même les retrouvailles du point de vue de Laurel, aurait été plus prenant, plus sombre mais je ne regrette pas ce Perdue et retrouvée. C'est lorsqu'on comprend que Laurel cache quelque chose de louche que le roman est addictif et captivant. A partir de là, je n'ai pu lâcher prise tellement je voulais savoir ce qui se tramait. Jalousie ? malveillance ? traumatisme ? on n'arrive pas à saisir Laurel et tout cela intrigue, perturbe, questionne. Comme toujours, Cat Clarke écrit un roman intéressant, maîtrisé, dont le dénouement pourra en surprendre plus d'un, une fin qui m'a fait penser à celle du film The Secret, à la fois dérangeante, troublante et poignante.


D'autres chroniques sur les romans de Cat Clarke :