vendredi 1 mai 2015

Mes premiers mots à toucher

Xavier Deneux

Tourbillon
Paru en Novembre 2014
10 pages
9,99 euros

Album éveil dès 6 mois
Thèmes : Matière à toucher, Découverte, Quotidien

Le mot de l'éditeur : Un livre avec des matières pour appréhender le monde, s'approprier les mots du quotidien, et partager avec bébé.

Vous le savez, je trouve que l'univers graphique de Xavier Deneux est génial pour le développement des bébés. Ses illustrations sont grandes, claires, très stylisées, jouant principalement sur les formes et la sobriété pour ne pas donner trop d'informations en même temps. Les couleurs sont toujours contrastées, souvent du noir et blanc sur un fond clair, avec une pointe de couleurs rouge, bleu et jaune. Mes premiers mots à toucher ne déroge pas à ce graphisme d'apparence simple mais si captivant pour les bébés. Les formes accrochent le regard. Mon bébé est tout excité et ouvre grand les yeux à la vue de chaque image. Mes premiers mots à toucher, par son contraste visuel fort est déjà un album d'éveil réussi, qui fonctionne. A cela s'ajoutera la multitude de matières à toucher : feutrine pour le vêtement, poils doux façon "peluche" pour l'oreille du chien, papier grattoir rugueux pour la coquille du poussin, tissu matelassé, papier carton gondolé, velours...autant de textures différentes qui vont faire découvrir aux touts-petits dès 1 an voire 6 mois, son sens du toucher. Se présentant comme un imagier, bébé va découvrir des mots issus de son quotidien : chat, chien, vélo, voiture, maison, ballon, bébé, chaussures, chaussettes, 10 mots à découvrir dont 5 à toucher. Un album spécial "bébé" à partager avec lui pour s'émerveiller de la façon dont il va réagir à cette expérience sensorielle!

jeudi 30 avril 2015

Lucia petite danseuse de flamenco

Johana Dierickx-Brax
Illustré par Justine Brax

De La Martinière Jeunesse
Paru en Avril 2015
32 pages
14,50 euros

Album Jeunesse à partir de 6 ans
Thèmes : Danse, Amour, Courage

"Cette nuit-là, sous la lune, brillaient mille flambeaux autour d'une scène. La pièce d'or accrochée au cou de Lucia virevoltait."

J'aime tout ce que fait Justine Brax. A chaque album, elle nous invite au voyage, nous ouvre les portes d'une culture, d'autres horizons toujours plus exotiques et pleins de sens...Avec Lucia petite danseuse de flamenco, Johana Dierickx-Brax et Justine Brax nous plonge au coeur de l'Espagne et du flamenco : cette danse si romantique, à la fois passionnée et poétique. Pour Lucia, ce soir, c'est un soir particulier : le spectacle de danse de l'école. Monter sur scène, danser devant tout le monde, se livrer sous les projecteurs, Lucia n'en a pas le courage. Elle a le trac, la boule au ventre, le stress...alors, c'est avec son chat lové contre son coeur qu'elle se cache dans un placard. Timidité, peur...Lucia se terre et serre fort le médaillon autour de son cou, un cadeau offert par son papa qui lui manque terriblement. Le pendentif se met à chauffer, produisant une lumière éblouissante et s'impose alors des visions, des scènes où Lucia distingue une fille qui danse sous les étoiles, un matelot. Aura t-elle assez de courage pour sortir du placard et participer au spectacle ?

Sur le thème très important de la confiance en soi, Johana Dierickx-Brax brode un texte intimiste, poétique à travers les douces rêveries, les visions réconfortantes de la petite Lucia. Elle verra trois magnifiques scènes de danse qui vont lui inspirer confiance, soulagement et légèreté. Justine Brax poursuit l'enchantement grâce à des illustrations somptueuses, d'une texture incroyable. Elle a utilisé plusieurs techniques : collage de papiers, peinture à l'acrylique, motifs crées au Posca, l'assemblage confère une élégance rare. Les teintes ocre, rouge, plutôt vives se marient à des tonalités plus sombres et nuitées pour évoquer les rêves de Lucia...il s'en dégage un univers envoûtant, une ambiance très singulière, pleine de sensibilité. Un très bel album qui dégage une aura d'une grande tendresse, presque magique.



Vole, petit oiseau ! - Trotte souris, trotte ! - Collection petit nathan

Illustré par Marion Billet

Nathan
Collection Petit nathan
Paru en Avril 2015
10 pages 
11,50 euros l'un

Album Eveil dès 6 mois
Thèmes : Forme, Image, Nature

Résumé de l'éditeur : Des livres à partager avec votre bébé, conçus en collaboration avec Christel Denolle, psychologue et psychanalyste, spécialisée dans le développement des nouveaux nés.

J'adore ces petits albums tout carton, bien solides, carrés, surtout pour les chouettes illustrations de Marion Billet : rondelettes, joyeuses, colorées avec vivacité, entrain, bonne humeur. Vole, petit oiseau ! fera découvrir les saisons au nouveau-né : que fait l'oiseau toute l'année ? Il construit son nid, chante au bord du ruisseau, cherche des provisions... Avec Trotte souris, trotte ! on va se demander que fait la souris toute la journée ? Elle se faufile un peu partout, grignote du fromage et danse quand le chat dort. Avec une pièce/personnage en bois (un oiseau et la souris) entièrement peinte et illustrée, le bébé va devoir replacer à chaque page la pièce dans son creux. A déplacer, à encastrer au fil de l'histoire, ces petits personnages qui accompagnent bébé dans sa lecture, lui permettent de découvrir, de comprendre les formes, les images, d'appréhender l'espace. Le bébé va observer les images, les couleurs, il va attraper sa pièce et essayer d'analyser son mécanisme. Associer forme et dessin sollicite alors les capacités d'observation et de concentration du bébé : développer sa motricité fine, être précis dans le geste pour retirer et placer le personnage à chaque page. Des petits livres à partager avec son bébé : le parent pourra lui lire l'histoire, l'interpeller, l'aider dans son apprentissage. Trop chou et très joli !


Les Outrepasseurs - Tome 3 - Le Libérateur

Cindy Van Wilder

Gulf Stream éditeur
Paru en Avril 2015
352 pages
18 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Fantasy, Magie, Fées

Quatrième de couverture : Un terrible hiver s'abat sur la Grande-Bretagne. Peter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d'Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n'y avoir aucune solution. Jusqu'à ce que Peter comprenne que le sous-sol de Lion House regorge de ressources cachées...

"Arnaut demeurait dans le coma. Dans le petit jour grisâtre qui filtrait par la fenêtre, ses traits fins étaient empreints d’une certaine sérénité. Comme s’il avait trouvé la paix, où qu’il soit à présent. Peter le dévisagea, perdu. Il effleura du doigt le tatouage en forme de pépin de pomme sur le poignet du jeune homme. Aucun frémissement de la chair endormie. Un Prince au Bois dormant. Et il faudrait davantage qu’un baiser pour le réveiller."


Je crois que la trilogie des Outrepasseurs sera l'une des plus réussies et incroyables dans le genre fantasy pour l'année 2014/2015 qu'il m'ait été donné de lire. Les couvertures des trois tomes sont magnifiques avec un rabat dépliant, des vernis sélectifs, des dorures, de belles images en lien avec l'univers féérique de la série...ce qui en fait des objets-livres qu'on aime regarder et ranger dans sa bibliothèque. Un must have en quelque sorte et c'est Gulf Stream qui l'a fait, une maison d'édition que j'apprécie et qui mérite ce succès.

Mais pourquoi cette série et tout particulièrement ce tome 3 fait tant d'effet ? Il faut dire que Cindy Van Wilder a fait fort, formidable conteuse, enchanteresse, s'inspirant richement d'un univers aux multiples références : contes de fées, frères Grimm, contes traditionnels, textes médiévaux (Le Nom de la Rose, Le Roman de Renart, Les Fables de la Fontaine)...puisant dans ce qu'il y a de plus obscur, de plus sombre et parfois de plus horrible dans cet univers foisonnant. Aucun manichéisme et beaucoup de psychologie, font de ses personnages des êtres attachants, qu'on aime d'emblée, à la fois torturé, tourmenté, égoïste aussi mais très humain paradoxalement. Le personnage du Chasseur m'a étonné : cynisme, ironie...son lien avec la Trois fois née, Trois fois morte est symbolique et apporte un fil conducteur à l'ensemble de l'intrigue.

L'écriture de l'auteur est pour beaucoup dans la réussite de cette trilogie. Son style érudit captive et surprend, nous embarque dans des contrées lointaines, nous éblouit par ses prouesses littéraires. La lecture est complexe tellement intéressante et le style immersif est captivant. Ce que j'aime tout spécialement c'est qu'elle prend son temps, dans les décors, les descriptions, les actions. Plusieurs rebondissements sont de mises dans ce dernier tome époustouflant : la magie disparaît et plonge la Grande-Bretagne dans un hiver glacial, nos héros Peter et Arnaut sont en danger, le pouvoir des Outrepasseurs, des fés s'affaiblit et le retour de la Reine des Neiges sonne le glas à travers la figure de trois cavaliers de l'Apocalypse. Malédiction, féérie, amour, métamorphose, autant d'ingrédients puissants et envoûtants. A travers l'histoire du Chasseur, de ses origines, de sa personnalité, de ses tourments, à chaque début de chapitre, on s'immerge dans ses pensées. C'est parfois terrifiant mais terriblement fascinant la manière dont l'auteur réussit à réécrire un conte tout en se l'appropriant aussi aisément. 

Il y a tellement de choses à dire, d'éléments évocateurs dans ce troisième tome qu'il est difficile de tout vous expliquer. Sombre, sanglant, violent, complexe, intense...sont les adjectifs pour décrire ce roman...la fin nous laisse à bout de souffle, comme si, par une prodigieuse magie, un maléfice, l'auteur avait réussi à nous transporter dans son livre. Ainsi, elle fait de nous, un héros, un combattant, qui dans la lecture de ce dernier opus, réunit toutes ses dernières forces. Avec les Outrepasseurs, la lecture n'aura jamais été aussi ensorcelante!


En savoir plus : 

mercredi 29 avril 2015

Ce feu qui me consume

Charlotte Bousquet

Rageot
Collection In love
Paru en Mars 2015
176 pages
10,50 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Adaptation, Classique, Romance

Quatrième de couverture : Armando croise Violetta lors d'une soirée dans un club. Elle aime chanter, danser, s'amuser et, plus que tout, les chevaux du haras où elle est employée. Elle porte une robe trop courte et un pendentif écarlate qui semble saigner. Armando est subjugué par sa beauté et son éclat fragile qui donne envie de la serrer dans ses bras et de la protéger. Mais de quoi ? Ou de qui ?

J'aime beaucoup Charlotte Bousquet (série Lune et l'ombre) et j'avais très envie de découvrir son écriture dans un registre romantique. Puis la nouvelle collection "in love" chez Rageot m'intriguait et j'avais envie de m'y pencher plus longuement. Ce feu qui me consume est une romance contemporaine entre Armando, étudiant en droit, sage et sérieux qui revient à Florence le temps d'un été et de Violetta, passionnée de chevaux. Issu d'une famille bourgeoise, il se doit d'être conforme aux règles imposées par ses parents. Le roman commence dans une boîte de nuit. Armando s'y est rendu avec son cousin. C'est là-bas, entre la musique incessante et la lumière aveuglante qu'il rencontre Violetta, jeune fille déjà croisée il y a un an. Un seul regard lui a rappelé alors tout ce qu'il avait éprouvé et manqué par timidité. Violetta, passionnée, envoûtante, solaire, lumineuse...semble danser comme si sa vie en dépendait. Car Violetta a la réputation d'abuser de tout : excès, alcool, hommes. Mais que cache cette fureur de vivre au point de se brûler ? Armando va vite le découvrir...Son amour lui suffira t-elle ? Sera t-elle combler alors que tous pensent qu'Armando court à sa perte ?

Grâce à un rythme efficace, dès les premières pages et le premier chapitre, on sait de quoi il retourne : une romance placée sous le signe d'un drame imminent. Inspiré de La dame aux camélias, Charlotte Bousquet reprend cette amour-passion qui dévore tout, déchire les coeurs mais les rend si beaux, si tristes. Violetta est un personnage lumineux, étincelant qui cache une fragilité, une vulnérabilité qu'Armando tente de combler en la rendant heureuse. Par-delà l'histoire d'amour incroyablement romantique et triste, où il est question de vie, de mort, Charlotte Bousquet nous fait voyager dans une Italie magique, celle des arts, de la passion des chevaux, des ponts aux légendes pleines d'espoir. Une Italie contemporaine qui fait rêver. Et derrière l'intrigue, il y a de magnifiques décors. Ce feu qui me consume porte bien son nom et aborde cette thématique de la passion sous toutes ses formes. J'ai aimé l'idée d'une double fin...le lecteur peut choisir celle qui lui convient le mieux. Un choix audacieux. Je ne connaissais pas La dame aux camélias et j'ai désormais très envie de le découvrir.

Pari réussi donc pour cette collection au concept original et intéressant : "des romans librement adaptés de grands textes classiques : La dame aux camélias, Bérénice, Les Hauts de Hurlevent...Le roman d'amour remis à l'honneur : une alternative littéraire aux séries romance qui fleurissent au rayon ados" et là je ne peux qu'adhérer à ce choix éditorial. La romance est ici remise au goût du jour, par des auteurs contemporains qui font le pari de nous faire aimer les classiques. Je suis très curieuse de lire Le vent te prendra car inspiré d'un classique que j'ai lu et dont je suis littéralement amoureuse : Les Hauts de Hurlevent.

Bonus : l'ouvrage est magnifique, de facture soignée et aérée avec une mise en page claire, une couverture photo évocatrice de l'esprit de la collection, un rabat avec une citation du classique. J'aime beaucoup.





mardi 28 avril 2015

Comptines pour chanter le Far West ♥ ♥ ♥

Illustré par Cécile Hudrisier

Didier Jeunesse
Artistes : Framix, Natalie Tual, Chantal Lavallée
Collection Eveil musical
Comptines pour
1 livre +1 CD
Paru en Avril 2015
24 pages
12,90 euros

Eveil musical dès 1an
Thèmes : Amérique, Indiens, Far West

Résumé de l'éditeur :  10 comptines du Far West qui donnent une envie irrépressible de ressortir sa coiffe d’Indien et ses bottes de cow-boy. Guitares, banjos, yukulélé, flûte indienne sont ici réunis pour une ambiance « feu de camp » comme si l’on y était.


Gros coup de coeur pour ce thème, pour les chansons ultra réussies, pour les sonorités qui font voyager, pour les rythmes qui nous entraînent au coeur de la grande Amérique, l'Amérique mythique, celle de l'âge des colons, des cow-boys, des Indiens. Ambiance Far West garantie grâce aux instruments de musique variés : yukulélé, harmonica, guitare, banjo. Il ne manque plus qu'un bon feu de joie et danser autour tout en sautillant avec la main sur la bouche! Les musiques sont géniales : des grands classiques du genre, avec des sons country, remises au goût du jour par le groupe Framix : Le vieux cow-boy en version anglaise, la berceuse douce et envoûtante de Nagawicka avec des sons traditionnels amérindiens. 10 comptines entraînantes et attachantes : Un jour dans sa cabane, La danse du petit Indien, Nous les Indiens, C'est un curieux bonhomme, She'll be coming round the mountain, Ani couni, Je suis un gars du Far West, Le vieux cow-boy, Dix petits indiens, Nagawicka... avec des paroles faciles à retenir, des rimes drôles et affectueuses. Côté dessins, c'est toujours rond, joli, joyeux, coloré...et l'on retrouve tous les ingrédients typiques du thème : les plumes d'indiens, les totems, les chapeaux, les chevaux, les squaw, les pistolets, les rodéos, les décors de désert. Une idée excellente, originale, j'adore ce thème qui donne envie de sauter, de danser, de chanter avec entrain et joie, et des plumes sur la tête! Je suis fan de cette collection qui sait se renouveler, entre tradition et modernité !


Pardonne-moi, Leonard Peacock

Matthew Quick

Robert Laffont
Collection R
Traduit de l'anglais par Fabienne Vidallet
Paru en Avril 2015
315 pages
16,90 euros

Roman ados dès 14/15 ans
Thèmes : Adolescence, Drame, Suicide

Quatrième de couverture :  Aujourd'hui, Leonard Peacock a dix-huit ans. C'est le jour qu'il a choisi pour tuer son ancien meilleur ami. Ensuite, il se suicidera. Plus tard, peut-être, il se dira que c'est OK, voire important, d'être différent. Mais pas aujourd'hui.

« Le P38 sera peut-être mon cadeau quand je le déballerai pour tirer sur Asher Beal.
C'est probablement le seul cadeau que je recevrai aujourd'hui. En plus du flingue, il y a quatre paquets, un pour chacun de mes amis. Je veux leur dire au revoir correctement. Je veux qu'ils gardent un souvenir de moi. Qu'ils sachent que je tiens à eux et que je suis désolé de ne pas avoir pu être davantage. Désolé d'avoir dû leur fausser compagnie. Qu'ils sachent qu'ils ne sont pas responsables de ce qui va se passe..."

En ouvrant ce roman, je ne savais pas à quoi m'attendre. Je n'ai rien lu, ni les avis, ni la quatrième couverture, j'ai fait confiance à la collection R, à leurs choix audacieux, intéressants et réfléchis de leurs textes...donc je n'avais aucun a priori. Quelle claque! En fait dès les premières pages, le ton, l'ambiance, le parler de Leonard nous plonge dans un univers détraqué, désillusionné, glauque, déprimant. Les pensées de Leonard ne sont pas des plus heureuses. Ca fourmille d'ironie, de cynisme, de justesse aussi, de pessimisme, d'une vision désarmante de la routine...d'emblée les questions fusent et l'esprit du lecteur carbure : qu'a fait Asher Beal pour être la cible ? Leonard est-il dépressif ? ou cède t-il à une pulsion meurtrière ? suicide altruiste ? troubles de la personnalité ? malaise adolescent ? enfance douloureuse ? Puis on s'aperçoit que Leonard est un adolescent réfléchi, intelligent, perdu, solitaire dont la famille a explosé, dont la mère n'en a rien à faire. Les pièces du puzzle s'imbriquent...on comprend beaucoup de choses et tout ce que cela implique de souffrance, de vengeance, de chagrin, de solitude.

Leonard, d'anti-héros qu'on pourrait détester (personnalité antipathique, regard scrutateur et jugement rapide sur les autres, sur leur vie, sur la religion), il devient un héros fragile, en quête d'identité, qui a besoin d'affection, qu'on veut aider parce qu'on sent qu'il peut faire quelque chose de sa vie. Il y a dans l'écriture de Matthew Quick un je ne sais quoi de J.D Salinger L'attrape-coeurs, un pessimisme exacerbé, une ambiance déprimante, sombre...pourtant malgré le sujet délicat, le tabou aussi lié au suicide, le texte est fort et bouleversant. Leonard peut encore être sauvé, d'ailleurs dans ses paroles, dans ses actes, il sème des indices, des petits cailloux vers le chemin de la guérison, comme s'il tendait la perche. Il suffit d'un mot, d'un geste, d'une personne pour détourner Leonard de ses sinistres projets. Et cela m'a rappelé aussi Treize raisons de Jay Asher, héroïne qui elle passe à l'acte car elle n'a pas eu cette chance. 
Puis il y a ces lettres du futur, autant de petites notes joyeuses, lumineuses, réconfortantes qui nous font remonter à la surface et qui en disent beaucoup sur la personnalité de Leonard...difficile de remonter la pente mais pas impossible. C'est pourquoi l'issue de ce roman, nous laisse quand même comme un arrière goût amer.

Justesse, sensibilité, réalisme psychologique, Pardonne-moi, Leonard Peacock est une lecture intéressante, captivante qui force le respect pour s'être attaqué à un sujet aussi difficile émotionnellement et complexe. Armé d'excellentes réflexions sur les notions de bonheur, de religion, de nazisme, de culpabilité, de violence, de sexualité...c'est un roman young adult qui ne vous laissera pas indifférent tellement il est imprégné de sentiments contradictoires. J'ai beaucoup aimé même si pour moi, la fin m'a laissé comme un goût amer et infiniment triste. Un excellent young adult!

Le Bonheur de A à Z

Barry Jonsberg

Flammarion
Collection Tribal
Traduit de l'anglais par Marie Hermet
Paru en Avril 2015
320 pages
12,50 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Famille, Drame, Amitié

Prix du Children's Book Council Awards Book of the Year for Youngers Readers en Australie.

Quatrième de couverture : A l'occasion d'un devoir pour sa prof de lettres, Candice Phee, 12 ans, fait le bilan de sa vie de A à Z. S'apercevant qu'elle est "entourée de chagrin", elle se donne pour mission "d'améliorer l'état de bonheur général du monde". Et si elle commençait par rendre heureux ceux qu'elle aime ?

Candice Phee est une jeune adolescente particulièrement intelligente et qui a un regard optimiste sur le monde même si tout autour d'elle ce n'est pas la joie. On commence au collège où personne ne l'aime, où elle n'a pas d'amis et où elle est exclue pour son côté loufoque, son sens de la répartie décalé et décapant, qui rend perplexe ses camarades. Taxée de fille bizarre, de "gogolita", elle s'assume et adore lire le dictionnaire. A la maison, c'est aussi le chaos : une maman qui a un cancer du sein et dépressive, un papa amorphe, une petite soeur décédée tragiquement et soudainement. Les liens familiaux ont éclaté et tout l'argent d'oncle Brian n'y change rien. L'argent ne fait pas le bonheur. Pourtant, Candice, aussi étrange soit-elle, garde une joie de vivre, une soif d'apprendre, une envie de communiquer, d'aimer. Grâce à sa franchise, à ses idées farfelues, à son sens de l'imagination, à son humour, elle va tenter par tous les moyens de redonner le sourire à cette famille qui s'est perdue.

Candice Phee, le mode d'emploi du bonheur! Elle est attachante, désarmante, drôle, pétillante. Elle fait tout pour arranger les choses, pour mettre son grain de sel dans la recette de la joie. Certains passages sont très émouvants, d'autres plus déjantés...la trame narrative est aussi très intéressante, rythmée par le prétexte d'un devoir de lettres. Chaque chapitre commence par une lettre de l'alphabet et on y trouvera des bribes d'informations : des correspondances avec une amie américaine, des souvenirs, des discussions, des amitiés qui naissent, du passé, du présent, des espoirs le tout confondu dans un esprit inventif et malin. Avec une touche de sensibilité, un brin d'originalité et beaucoup d'émotions, Candice arrivera à ramener un semblant de bonheur, celui d'une famille réunie malgré les épreuves de la vie. Un roman touchant à découvrir!

lundi 27 avril 2015

Astrid Bromure - Tome 1 - Comment dézinguer la Petite Souris

Scénario et dessins de Fabrice Parme

Rue de Sèvres
Couleurs de Véronique Dreher
Paru en Avril 2015
40 pages
10,50 euros

BD Jeunesse dès 10 ans
Thèmes : Aventure, Humour, Héroïne

La Petite Souris n'existe pas : Astrid Bromure en est sûre ! Elle va le démontrer en lui tendant un piège infaillible, quitte à la dézinguer. Mais rien ne va se dérouler comme prévu... Les idées fusent et l'aventure carbure avec Astrid Bromure!

A propos de l'auteur : Fabrice Parme est auteur de bande dessinées et d'animation pour la jeunesse. Sa série BD La famille Pirate adaptée en animation connaît un vif succès. Il est, entre autres également, co-auteur avec Lewis Trondheim des séries BD Le roi catastrophe, Venezia, Ovni... mais également dessinateur du Spirou scénarisé par Lewis Trondheim, Panique en Atlantique. Astrid Bromure est sa première série de BD en tant qu'auteur complet.

Alors que ses parents sont partis en voyage, Astrid Bromure s'ennuie ferme dans son grand appartement d'un immense building à New York. Richesse, majordome, animaux de compagnie, cuisinière, nounou, pourtant Astrid a tout pour s'occuper et être chouchouter. Espiègle, futée, malicieuse, Astrid a trouvé de quoi s'occuper lorsque la chute imminente d'une dent l'intrigue et l'incite à se poser des questions sur la fameuse et mythique Petite Souris. Et pourquoi elle apporterait une pièce en échange d'une dent ? Existe t-elle vraiment ? Autant de questions existentielles et importantes qui trouvent une réponse logique et implacable : la Petite Souris n'existe pas. On la prend pour une bécassine! Astrid Bromure s'est donc mis dans la tête de piéger la bestiole et de démontrer à ses incultes domestiques que tout ça c'est une histoire à dormir debout...mais comment piéger une souris qui n'est pas censée exister ?

Avec son graphisme très cartoon à la Hanna-Barbera, ses décors, son héroïne drôle, pétillante, rigolote, têtue et maligne! la nouvelle BD jeunesse de Rue de Sèvres dépote! L'ambiance très réussie et stylisée de cette BD apporte un côté rétro/raffiné moderne et proche du comic strip. Beaucoup d'humour, une touche de fantastique, une pointe de fantaisie...il sera question d'une drôle d'organisation bien rodée, de dentifrice goût vanille-chocolat. Un scénario génial autour de la légende de la Petite Souris, entre comédie, surprises, aventure, bêtises, rebondissements. Astrid Bromure a quelque chose de Mortelle Adèle, entre peste aux idées farfelues et adorable chipie, avec son caractère bien trempé, sa langue bien pendue et ses inventions loufoques. Une BD dont j'ai adoré la tonalité "cartoonesque", joyeuse et pimpante. Une héroïne attachante dont j'ai hâte de connaître la suite de ses aventures!



-Le blog de l'auteur : http://fabriceparme.blogspot.fr/
-L'avis de Bouma

samedi 25 avril 2015

JONAH - Tome 3 - La Balade d'Adam et Véra

Taï-Marc Le Thanh

Didier Jeunesse
Illustré par Rebécca Dautremer
Paru en Septembre 2014
320 pages
16 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Fresque fantastique, Aventure, Amitié

Quatrième de couverture : Tandis qu'Adam et Véra savourent leur nouvelle liberté, que les orphelins répandent autour d'eux le bonheur en pagaille, Jonah fait une découverte de taille dans le bureau du docteur Wilbur : le journal intime de son propre père! Une fresque épique où tous les personnages semblent destinés à se croiser...pour le meilleur comme pour le pire.

Jonah, je crois que c'est la série la plus atypique, la plus étrange, la plus aboutie, la plus singulière et insolite du moment. Cette fresque fantastique est incroyable et révèle à chaque tome toute sa force et sa densité à la fois émotionnelle, spirituelle et romanesque. On pourrait avoir peur et croire que le récit va s'essouffler, pourtant à chaque tome c'est la révélation, c'est foisonnant, complexe, entre réalité et fiction. Jonah est un héros unique qui nous fait voyager. 

Ambiance typiquement américaine, à la "road 66" dans La Balade d'Adam et Véra : les deux jeunes Sentinelles aux pouvoirs extraordinaires ont fugué et se dirigent vers le sud du pays. Leur passage va provoquer certains remous bourrés d'actions, de combats d'arts martiaux et l'on va vraiment de surprises en surprises. Le personnage de Véra se complexifie, et n'évolue pas forcément d'une bonne manière. Je l'ai trouvé assez antipathique dans ce tome. Ma préférence est allée vers Adam. On retrouve la multitude de personnages des précédents tomes qui se croisent, dont les destinées sont liées. C'est un imbroglio de rencontres, de détails qui nous surprennent : les personnages se retrouvent, puis s'éloignent et se retrouvent. Le récit est impeccablement maîtrisé, nous laissant parfois étonnés par tant de sophistication dans les liens et les intrigues qui s'emmêlent. Tout coule de source et l'auteur ne nous perd jamais. C'est prodigieux. Puis on en apprend plus sur les origines de Jonah qui découvre le journal intime de son père. On assiste à une mise en abîme, où son père lui raconte son histoire, sa rencontre avec sa mère, son combat contre les éléments naturels puis la fin. Cette séquence nostalgique et mélancolique est particulièrement émouvante, tout comme l'histoire des voix A et B. Il y a encore beaucoup de poésie, d'onirisme, d'idées bien inspirées dans ce nouvel opus. J'aime aussi le rythme apporté à l'ensemble, grâce aux chapitres courts, à une écriture efficace, au titre explicite de chaque chapitre. Tension, suspense, réflexion sont le leitmotiv de cette saga épique, surnaturelle qui ne manque pas d'action, de rebondissements, de situations rocambolesques, avec en prime une ambiance façon "road movie" une fuite romantique vers la liberté. Goût de l'évasion assuré...

En savoir plus :

jeudi 23 avril 2015

Doux rêves de moutons ♥ ♥ ♥

Satoe Tone

Balivernes Editions
Collection Petites sornettes
Paru en Mars 2015
32 pages
9 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Rêves, Dormir, Moutons

♥ ♥ ♥

Mes frères moutons apportent des rêves aux enfants. Pour moi, le petit dernier, ce sera mon tour ce soir pour la première fois...
Pour s'endormir, lorsqu'on a des difficultés, enfant, on nous disait "compte les moutons" comme on pourrait compter les nuages ou les étoiles. Doux rêves de moutons est le récit d'apprentissage tendre et câlin d'un jeune mouton dont la précieuse tâche est d'apporter des rêves aux enfants, pour qu'ils dorment paisiblement. Ses frères lui donne un conseil : "imaginer ce qu'il aime le plus au monde"... penser à des choses agréables. Ainsi, pour avoir un exemple, il accompagne ses frères pour voir comment ils s'y prennent. Rêves de gourmandises, de nuages, de beaux paysages, de fête foraine dans la forêt, d'un lit de fleurs...mais quand vient le tour de Petit mouton, il a peur. Il se sent effrayé, démuni et seul. Et s'il déclenchait un cauchemar ? Il va rapidement se souvenir du précieux conseil de ses frères et offrir un merveilleux rêve...


Vous le savez, Satoe Tone est une révélation pour moi! Un talent brut et je suis à chaque fois très heureuse quand un de ses albums sort. J'ai été attendri par l'idée attachante et apaisante de Doux rêves de moutons, une magnifique et jolie histoire du soir, qui apporte sérénité, douceur et couleurs au moment du coucher. Le thème du sommeil, des rêves est ici abordé avec beaucoup de poésie, une poésie enfantine faite de bonbons, de ville de nuages, de couleurs pastelles, de contours arrondis. C'est très beau! Les illustrations sont apaisantes et nous emportent dans un univers magique, imaginaire et merveilleux où l'on se sent bercer par une ambiance cotonneuse, légère, aérienne. Un album extrêmement tendre qui invite à dédramatiser l'heure du coucher pour en faire un moment de complicité d'une incroyable délicatesse.

D'autres albums de Satoe Tone à découvrir :

A tes souhaits, Petite Vache !

Nicole Snitselaar
Coralie Saudo

Balivernes Editions
Collection Petites sornettes
Paru en Avril 2015
32 pages
9 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Printemps, Nature, Vache

Quatrième de couverture : C'est le printemps. Petite Vache sort de l'étable pour la toute première fois. Ce n'est pas une réussite : elle n'arrête pas d'éternuer ! Dans le troupeau, les unes sursautent, les autres s'agacent... Et si Petite Vache était allergique ?

Voici un délicieux album dans la collection, maintenant bien connue des Petites Sornettes et un duo qu'on adore Snitselaar/Saudo pour une nouvelle histoire qui sent bon la cambrousse. Venez respirer le bon air printanier de la campagne aux côtés de Petite Vache qui découvre pour la première fois l'extérieur. Au début, elle n'ose pas s'aventurer dehors, elle a peur. Petit à petit, sa jolie frimousse cueille l'herbe fraîche et verte. Mais...ATCHOUM...puis ATCHOUM...Petite Vache est-elle allergique ? Pour le deviner, il faudra lire cet album aux jolies couleurs du printemps.

J'adore les dessins naïfs, mignons, tout ronds de Coralie Saudo et son coté très affectif et attachant qui ressort dans chacun de ses personnages. Les petites vaches sont trop craquantes, s'inspirant des galets irlandais. Voilà une idée originale et fructueuse, car à la fin de l'album il faudra retrouver les caractéristiques des vaches et les chercher à chaque page. J'avais adoré Panique chez les suricates, dans le même genre, offrant une histoire drôle et affectueuse, proche de la nature. Je suis fan de ces petites histoires, simples et pleines d'humour, attendrissantes et toujours cette touche de modernité, ici les fameuses allergies au pollen qui viennent gâcher les premiers instants de soleil! Un rendez-vous printanier à ne pas manquer!


Visitez le site de l'illustratrice
http://www.balivernes.com/fr/

Malenfer - Tome 2 - La source magique

Cassandra O'Donnell

Flammarion
Illustré par Jérémie Fleury
Paru en Avril 2015
215 pages
10 euros

Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Fantastique, Magie, Aventure

Quatrième de couverture : Le jour du Ténérit approche et les pouvoirs magiques de Gabriel ne cessent d'augmenter. Grâce à l'aide de maître Batavius, le sorcier de Gazmoria, il espère être prêt à temps pour affronter Malenfer, la forêt maléfique, avant qu'elle ne détruise la ville de Wallangar. Soutenu par sa petite soeur Zoé et ses trois amis Morgane, Ezéchiel et Thomas, le jeune sorcier se prépare au combat sans se douter qu'il devra faire face à un terrible dilemme...

J'ai adoré ce deuxième tome des aventures de Gabriel et Zoé. Gabriel se prépare et s'entraîne durement pour le jour du Ténérit autrement dit le jour où il devra réussir son épreuve d'apprenti sorcier. Maître Batavius ne lui donne pas une tâche facile car son "rite d'initiation" consistera à détruire la forêt maléfique de Malenfer. Quant à Zoé, elle essaie de soutenir son frère, mais parfois son inconscience et son excitation l'énerve car elle s'inquiète beaucoup pour lui. Gabriel est lié à un dragon et il ne se rend pas compte que ses moments d'absence le mettent en danger. Zoé se pose beaucoup de questions quant à la venue du sorcier de Gazmoria, peu apprécié pour sa réputation redoutable. Les professeurs de l'école s'en mêlent et tout devient un peu plus compliqué. Zoé aussi devra faire des choix aux conséquences incertaines. Pour quelle raison le sorcier s'intéresse t-il à sa famille d'aussi près ? Pourquoi les parents ne reviennent-ils pas ? 

Dans ce second tome il sera question de fées, d'une source magique, d'un arbre de vie, d'un rituel d'apprentissage et je suis toujours autant conquise par les nombreux et excellents ingrédients fantasy de cette série. L'écriture fluide, dynamique est toujours brillamment rythmée par des dialogues, des descriptions courtes du décor et de l'univers, subtilement dosée par une touche d'humour, de légèreté et de beaucoup de suspense. Les relations entre les personnages ont évolué : la bande de copains est toujours là, fidèle au poste et prête à soutenir Gabriel dans l'acquisition de ses pouvoirs magiques. Un peu de romance vient arroser certains liens amicaux, notamment entre Zoé et Thomas, alors qu'au début du premier tome, leur relation était presque conflictuelle. Les choses évoluent bien et les héros gagnent en maturité. L'élément de la forêt maléfique est vraiment bien trouvé et apporte tout le lot de rebondissements, d'angoisse, de tension, de curiosité. La fin est excellente, j'ai adoré et nous laisse pantois, avide de connaître la suite! J'en redemande!

Malenfer - Tome 1 - La forêt des ténèbres

Cassandra O'Donnell

Flammarion
Illustrations de Jérémie Fleury
Paru en Octobre 2014
215 pages
10 euros

Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Fantastique, Aventure, Magie

Quatrième de couverture :  Malenfer, la forêt maléfique, grandit et s'approche chaque jour davantage de la maison où vivent Gabriel et sa petite soeur Zoé. Seuls depuis le départ de leurs parents, partis chercher de l'aide en terre de Gazmoria, les enfants doivent faire face aux ténèbres qui recouvrent lentement Wallandar. Mais aussi à un tout nouveau danger : ni les visions de Zoé, ni ses pouvoirs magiques ne parviennent encore à l'identifier...

J'ai craqué pour la couverture réussie et très fantasy du premier tome de Malenfer. Cela faisait un moment qu'il me faisait envie et le temps d'une après-midi, j'ai pu me plonger dans cet univers fantastique et prometteur. Malenfer est ici le nom d'une forêt maléfique, un néant d'arbres magiques, appelés les Dévoreurs qui gagne de plus en plus de terrain et côtoie désormais les limites de la ville avec la maison de Gabriel et de sa petite soeur Zoé. Leurs parents sont partis quérir de l'aide auprès d'un puissant sorcier. Dans l'attente, le frère de 12 ans et sa soeur de 10 ans doivent se débrouiller seuls et faire comme si de rien n'était en continuant d'aller à l'école. Ce matin, l'atmosphère est bizarre : Charles, un copain de classe a disparu. A la récré, Zoé et Gabriel avec leur bande de copains découvrent une basket au milieu du lac. Zoé a un don, celui de détecter les mensonges...de sentir la présence d'une entité magique...aussi le lac lui fait peur. Quelque chose de dangereux s'y cache. Un monstre, une créature, une présence maléfique...le danger est là et provoque chez nos héros son lot de tensions, d'inquiétudes et de peurs. Mais ce n'est pas la seule découverte surprenante qu'ils vont faire car l'école de Wallandar regorge de pouvoirs magiques...

J'ai tout aimé dans ce roman junior accessible dès 9 ans : l'ambiance fantastique, entre suspense, mystère, pouvoirs magiques, créatures surnaturelles et forces obscures, le lien très fort qui unit les deux héros, frère et soeur, entre amour fraternel et instinct protecteur rendant leurs échanges attachants, les copains et les répliques rigolotes qui apportent humour et légèreté, et tout le panthéon des créatures rencontrées : elfe, nain, sorcière, dragon, loup-garou. L'école est le lieu privilégié de découvertes incroyables. L'écriture est vraiment fluide, efficace, rythmée. On est pris dans l'intrigue et on ne peut plus en ressortir. C'est un excellent tome d'introduction qui pose le décor, les personnages, les liens et qui évolue quand même très rapidement car on en saura très vite plus sur la destinée de Gabriel et le pouvoir de Zoé. Mêlant fantasy et récit initiatique, Malenfer possède tous les ingrédients pour plaire au public destiné, et même aux plus grands!

mercredi 22 avril 2015

Mimsy Pocket et les enfants sans nom

Jean-Philippe Arrou-Vignod

Gallimard Jeunesse
Paru en Mars 2015
327 pages
14,90 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Fantastique, Aventure, Solidarité

Quatrième de couverture : Un hiver glacial s'est abattu sur le grand-duché de Sillyrie. Dans la capitale, les enfants des rues disparaissent, enlevés par des hommes-loups. Malgré son agilité de chat et ses talents de voleuse à la tire, la jeune Mimsy Pocket tombe dans un guet-apens. La voilà emmenée avec ses camarades à travers les forêts enneigées vers une destination inconnue. De son côté, son ami Magnus Million chemine en train jusqu'à un monastère haut perché où l'attend une dangereuse mission. Mais des fantômes surgissent bientôt du passé... Minuscule, renversante, imprévisible, qui est vraiment Mimsy Pocket ? De complot en révélations, un récit fantastique où souffle la grande aventure. 

A propos de Magnus Million et le dortoir des cauchemars : "Vous trouverez dans ce roman foisonnant, des moments drôles et palpitants, une ambiance dickensienne, délicieusement hivernale, agrémentée d'un charme désuet qui vous donneront envie de prolonger votre lecture. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti un tel plaisir, car dès les premières pages c'est un univers loufoque, un rythme enivrant et une belle sincérité qui se dégagent des mots réjouissants d'un auteur jeunesse dont j'ai hâte de découvrir les autres romans." 

Quelle ne fut pas ma surprise, heureuse, bien sûr, de découvrir le nouveau Arrou-Vignod mais qui plus est de retrouver Mimsy Pocket dans une aventure où tout commence par une rafle d'enfants au coeur de la nuit enneigée à Friecke, capitale du grand-duché de Sillyrie. Mimsy, on la connaissait déjà dans Magnus Million et le dortoir des cauchemars. Ce roman n'avait pas pour but d'avoir une suite mais Jean-Philippe Arrou-Vignod a voulu donné une histoire à Mimsy, la petite orpheline débrouillarde livrée à elle-même, amie de Magnus. Dans cette aventure, on va rejoindre Magnus pour une mission secrète, politique qui vise à signer un traité de paix dans un monastère perché sur un rocher, accessible uniquement en train. Les décors sont splendides : forêts enneigées, ville industrielle et la part de mystère est toujours là rayonnant dans la nuit par le biais de cavaliers nomades, les Tirghiz, d'une mystérieuse dame en noire, patronne des hommes-loups qui viennent kidnapper les enfants des rues pour les emmener dans un datcha. Il y sera question du passé, des origines de Mimsy, cette gamine des rues attachante, enfant blessée, chat sauvage au grand coeur et de son avenir car l'auteur apporte à ce second tome, une fin magnifique et émouvante que j'ai beaucoup aimé. 

On se délecte encore une fois des magnifiques paysages au coeur d'un hiver glacial, saison qui ici, nous réconforte et nous donne envie de nous blottir dans une histoire palpitante, au coin du feu. Le récit nous tient en haleine, foisonnant, fantastique, efficace, mêlant aventure, action, rebondissement, amitié et sens de la bravoure. J'ai adoré les premiers chapitres, le mystère des hommes-loups effrayants, voleurs d'enfants qui m'ont évoqué les disparitions d'enfants dans A la croisée des mondes Tome 1 Les Royaumes du Nord de Philip Pullman. J'ai adoré Mimsy, cette gamine rebelle, téméraire, courageuse, qui n'a pas froid aux yeux et n'a pas sa langue dans la poche! Mystère, suspense, complots, secrets, trahisons, autant de bons ingrédients qui parcourent l'univers de Magnus et de Mimsy. C'est très captivant grâce à l'ambiance du livre, oscillant entre découverte d'un peuple et le goût du voyage vers l'inconnu, vers des terres proches du folklore russe. Un très bon roman comme je les aime!

Un grand merci Gallimard Jeunesse!